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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 16:27

DÉMOCHRÉTIEN MALGRÉ LUI

 

Ou LA MÉTAMORPHOSE DU PD (Parti Démocratique)


 

Version française d'un article d'Ernesto Galli della Loggia

La metamorfosi (e i rischi) del PdDemocristiani loro malgrado

Il Corriere della Sera – 30 novembre 2013 - Democristiani loro malgrado


 


 


 

 

 

 

La décision du président Napolitano à propos de la nécessité d'une vérification parlementaire pour le gouvernement Letta est difficilement contestable. En effet avec l'effritement du Pdl, et la sortie de Forza Italia de la coalition, l'exécutif conserve la majorité, mais sa nature politique est radicalement changée. D'un gouvernement Droite-Gauche - c'est-à-dire pd-Pdl (numériquement suffisants) plus des autres – s'est transformée en un gouvernement de Centre – Gauche. Dans lequel le Parti démocratique, de ce fait, représente dans les deux Chambres le noyau fort, tandis que le Centre, constitué de Scelta Civica-Udc plus le Nouveau centre droit (Ncd) d'Alfano, déroule la partie d'acolyte.


 

Coïncide avec ce déplacement de l'axe politique du gouvernement - et en certain sens, l'a rendu possible et en même temps, en est le fruit - un second et plus important changement : la démochristianisation du Pd. À savoir la progressive mais maintenant accomplie absorption-imitation de la part du Parti démocratique pas seulement de la fonction systémique, mais aussi des caractères internes de ce que fut la Démocratie chrétienne (ex - Dc). Une telle démochristianisation du Pd ne s'est pas produite fortuitement à mesure que le système politique de la soi-disant Deuxième République allait perdant son partiel caractère bipolaire pour s'orienter vers une réédition du morcellement parlementaire de la Première République, fruit en son temps de la proportionnelle. À laquelle - de nouveau pas fortuitement – la Deuxième semble maintenant aussi inéluctablement condamnée à tourner. Un parlementarisme proportionnaliste qui, s'il ne veut pas naufrager dans le néant, doit dès lors nécessairement s'organiser autour d'un parti pivot. Qui hier était la Dc, et aujourd'hui est très exactement le Pd.

 

Le Parti démocratique est candidat à être un tel parti avant tout à cause de sa nouvelle position centrale dans la topographie parlementaire ; du moment où aujourd'hui il se trouve de fait être la composante principale d'un gouvernement qui à la Chambre doit faire face en même temps à une consistante opposition de gauche (environ 130 députés) et petite minotié d'opposition de droite. Ceci rappelle-il quelque chose à quelqu'un ? Ne fut-elle pas peut-être précisément, pendant 40 ans, la situation de la Dc ?

 

La centralité « démocrate-chrétienne » du Pd vient même du fait d'être aujourd'hui le seul et vrai « parti des institutions ». En réalité, il l'est depuis les années 90, à cause de la faillite dont la Droite a fait preuve aussi sur ce terrain. En ne réussissant pas à se distinguer même pas d'une minime partie de la figure de Berlusconi, de son image « corsaire », erratique et improvisatrice, la Droite politique, en effet, n'a jamais réussi à se libérer de quelque chose fortuit et de provisoire, d'incompatible avec la stabilité dans le temps, avec le sens du passé historique, avec la fiabilité et avec les aspects legalistico-formels qui sont le propre de la dimension institutionnelle. À laquelle, par contre, la gauche d'origine communiste a toujours montré traditionnellement une grande attention. Le résultat est que depuis longtemps la grande partie de l'establishment italien, dans l'État et dans la société, se reconnaît dans le Pd.


 

Mais naturellement être « comme la Dc », commencer à occuper une position centrale analogue à la sienne dans la constellation du pouvoir, a un prix : celui de finir par s'occuper, justement, seulement du pouvoir. Et donc se transformer en une classe bureaucratique-politique sans idées et sans projets, divisée en courants férocement en lutte les uns contre les autres, dont la principale activité, au centre comme en périphérie, devient de fait le partage des places et des moyens : justement ce que le Pd risque toujours plus de devenir.
 

30 novembre 2013

 

 

DÉMOCHRÉTIEN MALGRÉ LUI

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Marco Valdo M.I.
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