Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Le Livre de la Leonardo

Ah, dit Lucien l'âne aux yeux de braises, Marco, tu ne leur as pas encore parlé des livres que tu as écrits. Tu me sembles bien modeste et ce n'est pas bien pour les livres. Comment veux-tu que les gens sachent que ces livres existent, si même toi, tu n'en parles pas. Et puis, maintenant que tu fais un « blog », que tu cherches à faire de l'édition électronique ou digitale, tu devrais quand même en profiter pour faire connaître ce que tu as fait avant.



Sans doute. Tu as raison. Il faudrait bien que je parle des livres antérieurs. Au moins de ce qui a été publié. Aujourd'hui, je parlerai du dernier en date, celui que j'ai fait pour les amis de la Leonardo da Vinci de Seraing. Il a été publié, il y a déjà un an. C'est un beau gros livre, un in quarto de 300 pages, rempli de photos, qui raconte précisément l'histoire de la Leonardo da Vinci de Seraing, une association d'émigrés italiens qui depuis plus de 45 ans mène un combat quotidien pour permettre aux immigrés de la région d'avoir un petit bout d'Italie à portée de vie. C'est une aventure prodigieuse que la leur et celle du livre aussi.



Oh, oh, dit l'âne en souriant de toutes ses grandes dents, c'est un bien gros livre. Raconte-moi un peu comment vous l'avez fait.



Voilà, Mario, un ami sarde – car comme tous les ânes, tu sais bien qu'il y a en Italie, une région qui s'appelle la Sardaigne et où, précisément, il y a beaucoup d'ânes. Là bas, comme en Grèce, l'âne servait de tracteur, de camion, de cheval et même de radiateur – Mario, un ancien président de cette association, avait rassemblé une énorme documentation et avait, en fait, préparé le travail d'archives. Mais faire le livre, c'était une autre histoire et il avait déjà travaillé énormément et de plus, ce n'était pas son métier de faire un livre. Lui, il était électricien. Et puis, il en avait un peu assez de se coltiner à tous ces documents. Alors, il a cherché quelqu'un pour finir ce qu'il avait si bien commencé.



Et il te l'a demandé; à toi....



Et bien, oui. Il me l'a demandé. J'avais déjà fait deux livres pour le Comité Carlo Levi et il avait vu le travail. Et puis, à qui s'adresser ? Bref, il m'a demandé de l'aider. Quand je lui ai dit oui, c'était évidemment de bon cœur et je n'imaginais pas que cela prendrait tant de temps, ni tant d'énergie.



Comment ça, tant de temps et tellement d'énergie ? Explique-moi un peu.



Il y avait des milliers de documents, des photos, des textes en français, mais aussi, parmi les principaux, les plus éclairants, des textes en italien. Et puis, tu sais, il y a mille façons d'aborder une affaire. Et une association, ce sont d'abord des gens, des gens dont il faut parler, dont il faut raconter l'histoire, dont il faut publier la photo.



C'était bien complexe, en effet, dit Lucien. Mais au fait, tu connaissais bien cette association et son histoire ?



Justement, pas du tout. Enfin, un peu, son histoire récente; je connaissais quelques membres, j'en avais entendu parler, des choses comme ça. Mais, ta question est pertinente, car elle me fait prendre conscience de mon inconscience d'avoir accepté de faire un livre comme ça. Mais Mario me faisait confiance, les camarades (compagni) italiens aussi et moi, je leur faisait confiance pour m'être indulgents. J'ai dit oui et puis après, seulement après, je me suis posé la question de l'énormité de la chose. Car ce fut énorme, crois-moi.



Comment ça ? Je ne comprends pas bien où est la difficulté; une histoire, c'est une histoire. Tu commences au début et tu finis à la fin, il me semble, dit Lucien, en raclant le sol du sabot droit avant comme pour appuyer ses dires.



La première difficulté, ce fut de comprendre qui était qui et à quel moment, il intervenait dans l'histoire. Officiellement, la Leonardo est née en 1962. Mais il y a une histoire avant l'histoire et les témoignages étaient un peu nébuleux. Maintenant, je m'y retrouve, mais au début. De plus, ceux qui auraient pu donner des explications n'étaient plus là. J'ai dû m'orienter comme je pouvais. Ce ne fut pas simple. Un peu comme si on te mettait dans une pièce sombre, remplie d'objets et de personnages inconnus, aux rôles les plus vagues. Il a fallu le temps de s'y retrouver.Mais c'est pas tout, c'est un puzzle dont il manque des pièces; c'est raconter une histoire sans repères chronologiques, sans calendrier sûr. Que faire de documents sans date ? Où les situer, qui les a écrits ? J'ai fini par retrouver pas mal de précisions, mais ce fut difficile, crois-moi.

Le pire, ce fut peut-être les photos. Sans date, souvent, sans noms. Des photos de groupes, il y en a des dizaines. Et puis, il fallait bien les mettre, car il ne fallait pas écarter les gens, c'était leur histoire quand même. Il a fallu faire de la place à l'équipe de foot, à celle de « bocce », aux conférences, aux cours, aux soupers, aux banquets, aux fêtes de la femme, de l'Unità, de la rose, de l'Olivier, de l'Unione et que sais-je encore.

Il a quand même fallu éliminer beaucoup de choses. Par exemple, il était difficile de garder des photos de funérailles et crois-moi, il y en avait. Mais moi, j'ai toujours préféré fréquenter les vivants.

Parmi les documents les plus intéressants, une bonne part – et c'est logique, s'agissant d'une association d'émigrés italiens - étaient en italien. Sauf que les nouvelles générations, les descendants des fondateurs, les enfants et petits-enfants d'émigrés ne maîtrisent pas ou seulement un peu, la langue d'origine de leurs parents.


Évidemment, dit l'âne en faisant tressaillir son dos – sans doute à cause d'une mouche, et alors, qu'avez-vous fait ?

 


Bon, la complication est la suivante : si tu veux publier le document original – souvent une mauvaise copie d'un vieux papier, sorti tout droit des fardes d'archives, il est en italien et dès lors, il faut en faire une traduction.

 


Mais, dit Lucien en soufflant des naseaux, ce serait de publier les deux.

 


C'est ce qu'on a fait. Et voilà, il a fallu tout traduire, tout composer... Ah oui, composer. J'ai oublié de te dire que nous avons aussi mis en page, corrigé... Ça m'a pris plus d'un an.



Et voilà comment, je l'ai présenté pour des groupes qui voulaient en savoir plus :

 

 




 


 

 

 

Storia della Leonardo da Vinci di Seraing – Histoire de la Leonardo da Vinci de Seraing.



Auteurs : Mario Pusceddu et Marco Valdo M.I.

Éditeurs : Leonardo da Vinci ASBL Seraing et Comité Carlo Levi – Filef – La Louvière

300 pages

Prix : 20 € (au profit de la Leonardo da Vinci)




Créée en 1962, par un groupe d’émigrés italiens – militants syndicaux et politiques de gauche et pour certains, anciens résistants, d’un pays frappé par le fascisme et la misère, la Leonardo da Vinci (comme on l’appelle familièrement – au féminin, car c’est l’Associazione) avait en 2007, quarante-cinq ans. Un de ses anciens présidents a pris sur lui – en mémoire de ses camarades – de vouloir cette histoire, de constituer l’immense documentation nécessaire et d’en faire une première mouture. Arrivé là, Mario Pusceddu considéra que sa part de travail était comble et qu’il convenait de passer le relais.

La Leonardo fit appel à un « compagno » (en français, un camarade) disons du genre « intello », connu sous le nom de Marco Valdo M.I. (Manovale intellettuale – Manoeuvre intellectuel) qui poursuivit la tâche jusqu’à l’édition de l’ouvrage. Un livre où on trouve de nombreux textes en italien (langue d'origine de l'émigration) et toujours traduits en français, y compris des chants populaires comme « Bella ciao! ».

C'est donc un livre sur les travailleurs, par les travailleurs; sur l'émigration, par les émigrés.

Mais rien de tout cela n’aurait pu advenir sans la vigilante intervention de l’animateur (et actuel président) de la Leonardo, Angelo Santamaria.

En fait, c’est l’histoire toute simple et remplie de photos d’une association d’émigrés, parmi tant d’autres de la FILEF (Fédération italienne des travailleurs émigrés et familles – des millions d'adhérents dans le monde), qui mena le combat pour les mineurs – la reconnaissance de la silicose comme maladie professionnelle, l’égalité des droits des émigrés, le droit au retour au pays, le droit de vote… C’est l’histoire d’une lutte pour la survie culturelle en émigration.

C'est l'histoire aussi des fêtes, des spectacles, des musiques, des repas, des milliers de réunions : la vie de l'Associazione.



Les deux devises de la Leonardo sont :



Non più cose… Ma protagonisti. Plus des choses, mais des acteurs.



Et



Ora e sempre : Resistenza ! Aujourd’hui et toujours : Résistance !



C’est l’histoire du combat en exil de camarades émigrés italiens pour la République italienne, pour sa Constitution fondée sur les travailleurs, d’un combat jamais interrompu contre le fascisme et ses résurgences. 


 

Le livre peut être commandé auprès de

L’Association Leonardo da Vinci ASBL rue Cockerill, 86 à 4100 Seraing

Tel : 0032 (0)4 336.92.59 – 337.40.92 Fax : 0032 (0)4 336.40.92

Courriel : leonardodavinci.seraing@skynet.be

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article