Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Canzones de guerre du dimanche

Moi, je te le dis, c'est du beau temps pour la saison. Particulièrement, le vent. J'aime le vent quand il souffle comme çà et qu'il fait une sorte de grand concert nocturne. Mieux encore quand il est accompagné par la pluie et ses millions de petits bruits rythmés, saccadés...
Et bien, dit l'âne Lucien en ouvrant des yeux si grands qu'ils semblaient vouloir avaler le ciel tout entier, en voilà une étrange manière de voir les choses. Mais au fond, pourquoi pas... Vois-tu, Mârco Valdo M.I., ce que je ne saisis pas bien, c'est comment tu arrives à trouver tant d'intérêt à ces phénomènes atmosphériques...



Mais enfin, Monsieur l'âne, n'avez-vous pas perçu que c'est là un des grands plaisirs de l'automne, par exemple. À ce moment de l'année où il y a encore des feuilles et où le froid est somme toute encore assez relatif. Le son est différent en hivers et pour en revenir aux grands mouvements symphoniques du vent, je prends la peine non de fermer la fenêtre de ma chambre, mais bien de l'ouvrir. Oh, rassure-toi, il ne faut pas l'ouvrir beaucoup; il suffit de laisser passer le son. Je t'explique comment faire. Tu te prépares – pour la nuit, et puis tranquillement, tu t'étends confortablement, tu te couvres bien de sorte à ne pas avoir froid et à te trouver comme dans un cocon ou un nid... Évidemment pour un âne, c'est différent, mais enfin, tu vois ce que je veux dire.



Je vois, je vois, Monsieur Mârco Valdo M.I., puisque tu me donnes du Monsieur, je t'en donnes aussi. Quoique je ne t'ai jamais vu dans ton lit, ni dans ta chambre, mais enfin, je me figure assez bien la chose. Disons que tu es dans ton étable ou ton écurie ou ta stalle et que tu t'étends dans une litière bien remplie et toute confortable. Je suppose qu'après, tu fermes les yeux et tu te concentres sur l'univers sonore de la nuit.



C'est précisément, ce que je fais, mon bon Lucien, Mârco Valdo M.I.. Donc, je m'installe le plus tranquillement du monde et je me laisse aller dans ce monde sonore de la nuit. C'est fou ce qu'il y a de bruits différents que l'on peut entendre la nuit et ils varient selon l'heure. Il y a le raffut des oiseaux juste avant la tombée de la nuit. Il y a après une sorte de calme qui s'installe. Puis, les aboiements, les chats en balade, les nocturnes, les dernières roucoulades des pigeons ou des tourterelles, les bruits de la ville autour, le glissement des voitures, les bruits des moteurs des automobiles et ceux plus rauques et plus graves des bus, le bruit lointain des trains et parfois, leurs sifflements, les hurlements des motos qui se précipitent on ne sait où, les sirènes de police, d'ambulance, des pompiers, les alarmes, les bruits des usines plus sourds ou de grands entrechoquements métalliques... et couvrant le tout, par instants, le vent, les feuilles qui jouent à le moduler, et d'un coup, les premiers tout petits choquements des gouttes de pluie et ensuite, c'est selon, les sortes de lourdes gouttes qui passent progressivement aux ras de tambours, puis parfois même, au bruit de rafales de mitraille. En somme, j'ai ainsi un concert gratuit et fabuleux, toujours différent aussi. Moi, j'adore çà.



Je vois, je vois. C'est presque une passion, comme qui dirait, dit l'âne, un peu éberlué.



Une passion, oui, si on peut dire ainsi, c'est passionnant. Surtout quand les eaux commencent à ruisseler en des centaines de ruisselets différents qui racontent toute une histoire de vie... dit Mârco Valdo M.I..



Mais, dit Lucien l'âne un peu désappointé, mon cher Mârco Valdo M.I., n'étais-tu pas venu pour me présenter des canzones... Tu es déjà en retard de deux jours.



Si, si, ne t'en fais pas, j'y viens à l'instant, dit Mârco Valdo M.I.. Ce sont des chansons sur la guerre. J'avais, mon cher Lucien, traduit quelques chansons nouvelles (pour moi), de chanteurs que je ne connaissais pas et plusieurs portaient spécifiquement sur la guerre. Les deux premières de Fabio Bello s'adressent directement à la Guerre, comme à une personne. La troisième est plus historique, elle est de Davide Buzzi et raconte la bataille de la Bérézina que dut livrer l'armée napoléonienne lors de sa retraite de Russie. Une histoire tragique... Et j'ai ajouté une chanson française que j'ai toujours bien aimée, qui parle évidemment de la guerre et pourrait être la suite de celle sur la Bérézina. C'est l'histoire d'un soldat qui revient de guerre après un long moment et qui apprend que sa fiancée entretemps est morte. Une étonnante chanson de guerre, car il s'agit d'une chanson comique et pour tout dire, une des plus hilarantes chansons contre la guerre; la célèbre Adèle des Quatre Barbus. Adèle, celle qui a eu le bon goût de mourir en se transformant ainsi en charcuterie fine : Car elle est morte Adèle...


Je me réjouis d'avance, mon bon Mârco Valdo M.I., dit l'âne en faisant un sourire jusqu'à ses oreilles qu'il avait pourtant dressées en points d'exclamation ! Et soit dit en passant, comme quoi on peut rire de tout... et puis, le rire est une excellente façon de chasser le malheur et d'en dévier les effets. Allons-y et sans tarder encore.



APPELLE-LA PAR SON NOM.

Chanson italienne – Chiamala per nome – Fabio Bello

Version française – Appelle-la par son nom – Marco Valdo M.I. – 2008



Tu es revenue.

Qui sait comme je t'imaginais plus lointaine encore.

Ils t'ont appelée

Je ne savais pas que quelqu'un t'attendait

Peut-être que tu ne t'en étais jamais allée

Que tourné le coin de la rue, tu as grandi en silence,

enracinée fortement les longs des rives de la rue,

Une herbe forte et dure qu'on ne peut extirper...

Comment ne pas comprendre que tu nous as toujours accompagnés !


Je ne t'ai pas aimée

Tu étais étrangère même racontée

Tu m'as expliqué :

Il n'y avait rien d'injustifié...

Mais te rencontrer, non, cela ne m'allait pas.

Je sentais venir les frissons le long de mon dos;

je sentais parmi les gens et pour les gens une grande peine;

je comprenais d'un coup ton horrible entrée en scène.


Je t'appellerai pas ton nom

pour pouvoir te démasquer

car il n'y a aucun sens

à vouloir te célébrer.

Et pour te crier en face

la douleur que tu as créée

en cachant des choses atroces

derrière la raison d'État.

Car c'est une saloperie

ton arrivée sur terre.

Car l'homme se fatigue

d'être le fils de la GUERRE.


GUERRE


Chanson italienne – Guerra – Fabio Bello

Version française – Guerre – Marco Valdo M.I. – 2008



Guerre,

On reparle de guerre.

Étrange, qu'y a-t-il d'étrange ?

Il y a que personne ne peut te dire où

Tu le demandes aux gens

Ils te répondent parce que

Parce que, parce que.


Guerre,

C'est peut-être une autre guerre

Tu la sens dans l'air, mais il n'y a pas d'air.

Elle est peut-être cachée dans un endroit lointain,

Peut-être l'as-tu enlevée à la main

À la main, à la main.


Guerre

Elle n'existe pas, la guerre

Ce qui rend folle ta tête, c'est seulement une lumière

Coupe les fils qui la mènent au cœur.

C'est peut-être seulement une rime,

Mais il faut de l'amour, de l'amour, de l'amour.


BEREZINA 1812


Chanson italienne - BEREZINA 1812 - Davide Buzzi – 1996

Version française - BEREZINA 1812 – Marco Valdo M.I. – 2008



Alors que sur le plan militaire, la bataille de la Bérézina des 26 -29 novembre 1812 fut une réelle victoire de l'armée napoléonienne contre des forces de très loin supérieures en nombre et en armement, la Bérézina est restée dans la mémoire collective de la culture française comme la déroute des déroutes, comme la fin d'un rêve trop grand, comme la fin d'un épisode de délire collectif, comme la fin de la Grande Armée. Le passage de la Bérézina, fleuve russe, a constitué pour l'orgueilleuse Armée napoléonienne la marque d'infamie suprême. Une immense douleur et le sentiment d'une perte irréparable. Ce fut aussi pour ceux qui s'y trouvèrent engagés – des rescapés de l'hiver russe – une épreuve terrifiante, un passage en enfer... Bien sûr, d'autres armées, d'autres temps, d'autres lieux ont connu pareille mésaventure. On songe aux forces nazies à Stalingrad et plus loin dans le temps, à certaines croisades et à l'effondrement de l'empire d'Alexandre...

Dans cette chanson, le point de vue macro-historique est un peu occulté par le regard du soldat qui se traîne sur la route du retour avec le seul et ténu espoir d'arriver à rentrer chez lui... Pour découvrir, qu'Adèle, la bien-aimée laissée au pays au moment de s'en aller à la conquête du monde, est morte, entretemps.





Ils marchaient lentement sur les routes

Pavées par le vent

De milliers de pensées

D'infinis sentiments

Ils regardaient au loin

Les champs qui passaient

Je voudrais m'arrêter un peu

Pour le souvenir”

Leur pensée qui volait

vers leurs enfants

Chez eux

ou vers la petite fraise que peut-être

Ils ne reverraient pas

Défendre aune autre terre

Pour pouvoir manger

Au pis aller

Il restera une médaille...”


Le soldat marchait

en chantant des chansons

que le temps n'emportera pas

Sous ses pieds, la glace

bat le temps car ...

.... Peut-être n'y a-t-il plus de temps.

Sur cette terre

Lointaine, le temps

ne passe pas

On parle une autre langue

Nous nous sentons trop isolés

Nous voyons de loin

la fumée des canons

Je voudrais m'éveiller tout de suite

Pour ne pas mourir.”

Le dernière pensée

qui volait vers

ses enfants chez lui

Monter l'arme blanche

Prêts pour l'attaque.

Penser à demain :

C'est peut-être seulement un jeu

Peut-être, moi, demain,

je n'y serai plus...”


Le soldat combat

en chantant des chansons

que le temps n'emportera pas

sous ses pieds, la glace

bat le temps,car ...

... Peut-être n'y a-t-il plus de temps...


Ils rentraient lentement

sur des routes

détruites par le temps

Voir leurs enfants adultes

Ou leur fille désormais mariée

Dix ans plus vieux

Mille ou plus de morts à se rappeler

J'ai été plus chanceux

que beaucoup...”


Le souvenir avance

Laissant des remords

Que le temps n'apaisera pas

Sous ses pieds la terre

Fleurit car...

... Je suis vivant...”




Sous ses pieds la terre

Fleurit car...

... Je suis vivant...”

... Voici pourquoi...





ADÈLE


La guerre et ses conséquences sont souvent traitées sur le mode tragique et on le comprend aisément. Cependant, il est d'autres façons d'aborder la question de la guerre en chansons. Une de ces façons peut être dite « tragicomique », autrement dit, on traite la guerre si ce n'est par le mépris, au moins par l'humour et par le rire. On connaissait ici – je veux dire dans la chanson de langue française – la chanson de Francis Blanche sur « Le Général à vendre » , qui fit grand bruit et soulève encore le rire des auditeurs.

Il en est une autre qui fut chantée par les Quatre Barbus (sans qu'on ne sache trop qui en était l'auteur...) et qui reste gravée dans la mémoire populaire et un demi-siècle plus tard, déchaîne elle aussi et encore des torrents de rire. C'est la chanson épouvantablement triste du jeune soldat – un marin, un cuirassier selon les versions – qui s'en revient de guerre et veut revoir sa fiancée. Mais la pauvrette est morte entretemps. Rien de drôle, a priori... Si ce n'est qu'elle se prénomme Adèle et que la nouvelle de sa mort fait hurler de rire : car elle est morte Adèle – en français : mortadelle et in italiano : mortadella. Comme disait Léo Ferré, « pour le rire des têtes de mort ... Thank you, Satan! ».


C'était un cuirassier
Qui revenait de guerre

C'était un cuirassier
Qui revenait de guerre

Pour aller voir Adèle,
Adèle sa bien-aimée.

Pour aller voir Adèle,
Adèle sa bien-aimée.


Il s'en alla trouver
Trouver son Capitaine

Il s'en alla trouver
Trouver son Capitaine

Pour aller voir Adèle,
Adèle sa bien-aimée.

Pour aller voir Adèle,
Adèle sa bien-aimée.


Son capitaine lui dit :
"Garde à vous, pan

Demi tour à droite
Et fout-moi le camp !

Et va-t-en voir Adèle,

Adèle ta bien-aimée.
Et va-t-en voir Adèle,
Adèle ta bien-aimée. "


Bonjour mes chers parents,
Bonjour cher père, chère mère,

Bonjour mes chers parents,
Bonjour cher père, chère mère,

Mais où est donc Adèle,
Adèle ma bien-aimée ?

Mais où est donc Adèle,
Adèle ma bien-aimée ?

Hélas mon cher enfant,
Il n'y a plus d'Adèle,

Hélas mon cher enfant,
Il n'y a plus d'Adèle,

Hélas mon cher enfant,
Il n'y a plus d'Adèle,
Car elle est morte Adèle,
Adèle ta bien-aimée.

Car elle est morte Adèle,
Adèle ta bien-aimée.


Il s'en alla pleurer
Sur la tombe d'Adèle

Il s'en alla pleurer
Sur la tombe d'Adèle

Adèle, “ mon Adèle,
Adèle ma bien-aimée.

Adèle, “ mon Adèle,
Adèle ma bien-aimée.



Adèle lui répondit
Du fin fond de sa tombe :

Adèle lui répondit
Du fin fond de sa tombe :
" J'ai la bouche pleine de terre
Mais le cœur plein d'amour."

" J'ai la bouche pleine de terre
Mais le cœur plein d'amour."


Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article