On est dimanche. Que faire ?
Que faire ? se disait Lénine, en se grattant le crâne – à la longue, il ne lui resta plus un poil sur le caillou, tant la question était ardue.
Que faire ? , il en a même écrit tout un livre.
Il y a des milliers (et même plus encore) de réponses à cette grave question.
La chanson française populaire propose la grasse matinée.
C'est comme un proverbe, quelque chose comme la poule au pot, ce "le dimanche matin, c'est l'moment rêvé pour faire la grasse matinée".
D'autres vont au culte, c'est évidemment une possibilité - le royaume des cieux leur appartiendra.
D'autres font mille choses les plus extravagantes:
il y en a qui marchent,
des qui courent,
des qui dorment encore,
des qui chassent,
des qui pêchent,
des qui forniquent (ne pas oublier les forniqueurs - joli mot au demeurant, un mot valise en quelque sorte - voyez-vous ça : les forts niqueurs ?),
des qui prient,
des qui lisent,
des qui bricolent,
des qui boivent déjà,
des qui attendent le train,
des qui sont dans un avion,
des qui vont en Chine à pied - ils y parviendront,
des qui pensent,
des qui dépensent,
des qui brocantent,
des qui peignent la porte du garage qui abrite leur superbe auto,
des qui peignent la girafe,
des qui torturent,
des qui sont torturés,
des qui coupent des têtes (à la tronçonneuse, à la machette, selon la latitude),
des qui découpent des bêtes,
des qui préparent des légumes,
des qui font du sport,
des qui crient par dessus les toits, si bleus, si calmes,
des qui escaladent des montagnes,
des qui se balancent sur leur chaise en suçotant leur pouce,
des qui fument des toscans,
des qui se lavent,
des qui vont à la chasse aux papillons,
des qui scrutent le ciel et devisent à propos des nuages,
des qui rêvent,
des qui amassent,
des qui se font masser façon esquimaude,
des qui hantent des châteaux,
des qui arpentent les cimetières,
des qui se suicident - parfois pas volontairement (si, si, ça arrive, même dans les centres les plus fermés),
des qui tout bêtement font - ainsi font, font, font (et après, on se sent plus léger),
des qui meurent comme ça, sans vraiment de raison, parce que c'est dimanche,
des qui s'en vont à la campagne,
des qui se plongent dans la mer,
des qui font des fautes de frappe,
des qui s'énervent sans raison, simplement parce que c'est dimanche,
des qui font de la musique,
des qui chantent,
des qui écoutent des chansons -
des qui avant écoutaient les sermons de l'Aigle de Meaux et de son bedeau Marcel, (les deux interprétés par l'inoubliable Jean Yanne)
des qui maintenant écoutent LA CHANSON DU DIMANCHE.
Allez, c'est parti:
la-chanson-du-dimanche.blogspot.com/