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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 22:57

 

SORTIR DU TROUPEAU



Version française des Dernières Nouvelles de l'UAAR – Union des Athées, Agnostiques et Rationalistes. (8 juin 2013) :

Texte italien : http://www.uaar.it/news/2013/06/08/sostegni-uscire-bene-dal-gregge/

 

 

 

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Précepte laïque

Italiens, encore un effort pour sortir du troupeau !

 

 

Dans le temps, les apostats étaient passés par les armes. Et ça arrive encore aujourd'hui, dans quelques pays islamiques. Toutefois, dans les pays occidentaux, il n'est pas toujours aussi simple de quitter une religion, lorsqu'il n'y a pas une autre religion qui vous attend. Nous savons combien il est difficile pour des athées et des agnostiques, même en Italie, de vivre, de manière ouverte et sans drame, l'incroyance dans des contextes sociaux fortement imprégnés de religiosité et où des préjugés envers les sceptiques sont répandus. Il peut se passer dans des cas qui nous font honte, qu'on doive s'affronter avec la famille ou qu'on vive dans l'incertitude un certain isolement ; tout cela peut être très stressant du point de vue émotif et psychologique, ou conduire à des attitudes destructives. Par ailleurs, la religion fonctionne pour beaucoup de personnes car elle représente un facteur de participation et de socialisation et permet l'accroissement du capital social, de la même manière d'autres groupes humains.

Comment sortir de l'impasse où vit une certaine tranche d'incroyants ? Parmi les solutions, il y a cette proposition de l'association laïque Recovering from Religion, présente aux Usa et en Grande-Bretagne. Elle propose une ligne téléphonique , lit-on sur un blog de CNN, qui fournit un support aux incroyants par un groupe d'écoute 24 heures sur 24. Les cas ne sont en effet pas rares où certains craignent de s'affirmer publiquement ou sont préoccupés du jugement de leurs familles et de leurs leaders religieux, ou bien cherchent à entrer en contact avec d'autres personnes aux idées semblables.

Comme explique la directrice de Recovering from Religion, Sarah Morehead, il ne s'agit pas « de convertir » à l'athéisme, mais de fournir de l'aide ;« Souvent, les gens ont seulement besoin de quelqu'un avec qui parler ». Elle même affirme recevoir l'un ou l'autre appel par jour et des centaines d'email par mois de la part de personnes qui exposent leurs problèmes. De là est née l'idée d'organiser un service professionnel. Notre association (l'Uaar) aussi d'ailleurs reçoit beaucoup de messages et d’appels téléphoniques de ce type, bien que notre aide ne soit pas de type psychologique, mais plutôt d’assistance légale sur des questions comme le débaptême et l’heure alternative (heure d'école à la place du cours de religion).

Le schéma est semblable à celui du support LGBT ou des lignes anti-suicide : celui qui en a besoin peut appeler un numéro vert de manière anonyme. Pour répondre il y a un expert, à qui exposer ses problèmes personnels. Le conseiller fournit des solutions concrètes pour aider l'intéressé à abandonner la religion d'une manière non-traumatique et à rejoindre, s'il le veut, un groupe d'incroyants ou une communauté religieuse dans sa zone. Les critiques de conservateurs et d'intégristes ne pouvaient pas donc manquer, qui parlent de plan pour augmenter le nombre des athées. Mais Morehead fait remarquer que « la plupart des personnes qui nous contactent se sont déjà engagées à leur manière pour devenir des incroyants ».

Aux États-Unis, la croissance des « nones » (sans [religion] – non affiliés) est maintenant évidente, surtout parmi les jeunes. Et internet est un moyen très utile pour permettre de rencontrer avec autres personnes et de trouver des informations utiles qui renforcent la conscience. Ces dernières années, vu l'intensité du phénomène, fleurissent les groupes et l'assistance vers ceux qui abandonnent une foi. Comme le Clergy Project, pour les prêtres et les religieux qui ne croient plus en Dieu. Justement Teresa MacBain, ex-pasteur passée à l'athéisme et à présent directrice du Project, voit positivement la « help-line », affirme qu'elle l'aurait employée et se propose pour le « conseil » : « elle est une autre manière pour les gens de contacter quelqu'un de manière anonyme et de parler des luttes qu'elles ont pour leurs croyances ».

La sécularisation toujours plus étendue change le panorama religieux mondial avec une profondeur jamais observée auparavant. Faire partie d'une religion, ou mieux, seulement dire d'en faire partie, est toutefois un phénomène qui a été toujours fortement aidé par le mécanisme de la désirabilité sociale. C'est pour cela qu'il doit être combattu : des athées et des agnostiques engagés ne font pas du « prosélytisme » — car ils n'ont pas de paradis à vendre ou de dogmes salvateurs — mais ils agissent pour créer un monde dans lequel chacun soit réellement lui-même et libre de se réaliser, et le plus possible imperméable à toute forme de conditionnement social. C'est pour cela que l'Uaar a par exemple promu le droit au débaptême [http://www.uaar.it/laicita/sbattezzo/] et a créé la section Ecco gli atei e gli agnostici (Voici les athées et les agnostiques) et le test « Scopri quanto sei cattolico(Découvrecombien tu es catholique) ». Et c'est pourquoi elle a lancé la campagne « Bien Sans D ». Existent, dans la seule Italie, des millions d'incroyants cachés. Tant qu'il en restera même seulement un, ici il y aura de quoi faire.

 

La rédaction

 



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