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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 23:08

LE REFERENDUM DE BOLOGNE (suite)



Dans le Corriere della Sera de ce 21 mai 2013, on trouve un article relatant la suite des événements relatifs au référendum de Bologne, dont nous avons déjà parlé. Il est signé Francesco Alberti et est intitulé : « Prodi: sì ai fondi alle scuole paritarie / Il voto di Bologna spacca la sinistra »



 

On attend avec intérêt le résultat de cette consultation populaire qui témoigne d'une combativité laïque retrouvée... en Italie. Les « larges ententes » commencent à avoir des ailes lourdes ; on ne peut laisser un pays éternellement submergé par l'aqua santa. On verra ce qu'en dit le Corriere della Sera.

Cependant, dans cet article, il est fait référence à un discours de Piero Calamandrei (Roma, 11 febbraio 1950 - Discorso pronunciato da Piero Calamandrei al III Congresso dell'Associazione a difesa della scuola nazionale – Rome, 11 février 1950 – Discours prononcé au IIIième Congrès de l'Association en défense de l'école nationale) ; un discours en défense de l'école publique, quelle revendication ! On en propose un extrait lu en video : «  (http://www.youtube.com/watch?v=v_EoIyYHZck ») et on promet de publier prochainement une version française et bien évidemment, la version italienne de ce discours fort « laïque ». Un discours de 1950 qui montre clairement que l'Italie n'est pas l'Arche de Saint Pierre qu'on veut lui imposer d'être et que si brebis, troupeau et bergers il y a, il existe aussi des hommes épris de liberté. Deux mots à propos de ce discours, qui est d'une importance capitale pour la laïcité italienne. D'abord pour indiquer qu'il date de 1950... époque où se posait en Belgique également cette question scolaire, montrant certaine concomitance internationale dans l'offensive catholique, tout autant que certaines pressions escortant un premier Plan Marshall. Ensuite, pour indiquer également une autre coïncidence de date : ces années-là sont aussi celles où Calamandrei va développer le concept essentiel de « desistenza », « désistance », c'est-à-dire pour résumer : cet abandon des acquis et des objectifs de la « Résistance » au profit d'une version de la « large entente », mise en place dès 1946 et déjà au détriment de la laïcité.

D'un côté, comme dit Piero Calamandrei dans la conclusion de ce discours, il y a les gens « honnêtes », de l'autre, les « profiteurs du régime ». Cette division se retrouve aujourd'hui... et pas seulement à Bologne.

Extrait du Corriere della Sera (21 mai 2013)



Prodi : Oui Aux Subventions Aux Écoles « PARITAIRES » Catholiques

Le Vote De Bologne Brise La Gauche

L'ex Premier Ministre d'un côté (CATHOLIQUE).

Francesco Guccini soutient par contre l'autre côté (Laïque)

 

 

De Bologne.

Comme aux beaux (vieux) temps. Passion sanguine et coups verbaux. Sous les portiques des Deux Tours reviennent des atmosphères de laboratoire politique (avec une tendance vaguement « rixée » - à rixe). Et peu importe si beaucoup se seraient bien passés de ce référendum consultatif (on vote dimanche) qui, dans les intentions des initiateurs d'« Article 33 », tend à abolir les financements communaux (plus d'un million d'euros par an) aux écoles privées (presque toutes catholiques – 26 sur 27), en soutenant qu'en temps de vaches maigres, le secteur public ne peut pas faire de cadeaux, étant parfaitement conscients de placer ainsi une véritable bombe sous ce système conventionné qui naquit à Bologne il y a une vingtaine d'années, pour ensuite être exporté dans la moitié de l'Italie (à commencer par la Parme de Grillo et les Pouilles de Vendola : pour en citer seulement deux parmi ceux qui maintenant voudraient abolir ces subventions). « Guerre de religion, idéologisée et instrumentalisée » crie le front composite formé pour le maintien des subventions aux institutions catholiques : Pd (Parti démocratique – ex-gauche), Pdl (Parti de Berlusconi), Udc (Union du Centre), Cisl (Syndicats catholiques), Cei (Conférence des Évêques italiens, cardinal Bagnasco en tête). « Non, seulement le respect de la Constitution, laquelle exclut en ce cas toute charge pour l'État » répondent les partisans du référendum : Sel (Socialisme et Liberté), 5 Étoiles, les associations et certains intellectuels (Andrea Camilleri, Margherita Hack, Sabina Guzzanti)....

 

Face à face, les deux armées. Au milieu, un centre-gauche brisé. Et un Pd (à commencer par la junte – majorité communale - de Merola) assiégé. Une division qui renvoie aux années nonante. À partir de deux personnalités qui, comme par hasard, se sont affrontées récemment dans la course suicidaire (pour le Pd) au Quirinale (à la présidence de la République). Stefano Rodotà guide depuis le début le front qui veut abolir les subventions. Romano Prodi, par contre, est sorti à découvert seulement hier, en se rangeant pour le maintien de l'actuel modèle. « Je voterai l'option B (préserver les ressources financières pour les écoles paritaires privées - catholiques, ndt) ...», dit l'ex Premier ministre.

À Prodi, les référendaires ont immédiatement opposé l'auteur-compositeur Francesco Guccini (http://www.antiwarsongs.org/do_search.php?lang=it&idartista=7&stesso=1) partisan « avec le cœur » des raisons de ceux qui veulent abolir les subventions communales (aux écoles catholiques), qui déclare : « Je ne peux pas ne pas faire mienne la leçon de Piero Calamandrei – écrite dans son célèbre discours « En défense de l'école nationale ». À son côté, le secrétaire du Prc, Paolo Ferrero : « Prodi s'est grandement trompé ! Ce n'est pas un hasard si cette pluie d'argent public aux privés a commencé avec l'Olivier ». ...



NdT : Pour l'info des amis d'Albi, nous publierons prochainement une version française et bien évidemment, la version italienne de ce discours fort « laïque » .



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