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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 15:35

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L'ASINO RISUSCITATO

(Non È A Caso 'st'Asino Risuscitato)

 

L'Asino, autrement dit L'Âne, "come il popolo è l'asino: utile, paziente e bastonato" (comme le peuple l'âne est : utile, patient et battu), est un périodique italien anticlérical qui a cessé de paraître, interdit par le fascisme. Il était né en 1892 et entra dans le néant en 1925. Il en ressort aujourd’hui, mais du côté d'ailleurs en âne libre qu'il est. Sous forme d'un blog....L'ASINO RISUSCITATO - L'ÂNE RESSUSCITÉ (Non È A Caso 'st'Asino Risuscitato - Il n'est pas ressuscité par hasard cet âne).

 

Non È A Caso 'st'Asino... puisque sommé de se définir, il répond, en âne parmi les ânes : « Noi, non siamo cristiani, siamo somari », d'où le nom du blog : « Somari ». Traduction : « Nous, nous ne sommes pas des chrétiens, nous sommes des bêtes de somme ». Ceci avec la bénédiction de Carlo Levi, qui rapportait cette antienne des paysans de Lucanie dans son roman : « Cristò si è fermato a Eboli ». En somme, nous sommes réfugiés au-delà d'Eboli.

 

À propos de son nom, il a connu diverses propositions de titres cet Asino : pêle-mêle, L'Asino libero, L'Âne libéré, L'Âne déchaîné... Il a finalement choisi un titre qui rappelle son origine : à la fois, la publication romaine : L'Asino et certain roman grec, où il est question d'un ressuscité.

 

Par ailleurs, comme il se doit, cette résurrection est un acte de résistance ; ainsi, découvre-t-on que l'autre devise de l'Asino est : Ora e sempre : Resistenza !

 

Ainsi, pour en revenir à l'histoire, l'ECAR (Église Catholique Apostolique et Romaine) croyait en avoir été débarrassée de cet Asino grâce à l'intime complicité du Vatican avec le fascisme... dans le genre : « Je te passe le beurre, tu me passes le fromage » - ce furent les accords du Latran. Mais, voici l'Asino qui ressuscite au cœur de l'Europe afin de reprendre le flambeau, celui de Ferrer et de ses camarades. Car le peuple d'Europe a maintenant besoin de lui et il renaît de ses cendres... ou plus exactement, il revient de son confinement dans les limbes européennes.

 

Dans un premier temps, il répercutera les nouvelles de la laïcité ( laïos en grec devrait bien vouloir désigner le « peuple », celui des gens, celui des pauvres gens, la foule bigarrée des sans rien, de ceux qui vivent à l'écart du pouvoir et de ses pompes – de ses cérémonies, de ses rites et de ses splendeurs) en Italie (et relaiera en langue française, les nouvelles de l'UAAR – Union des Athées, Agnostiques et Rationalistes italiens), pays le plus exposé aux foudres de l'Église. Par ailleurs, l'installation à Bruxelles d'une association (ALBI – Action Laïque Belgo-italienne), dont le but est d'apporter (dans la mesure de ses moyens) aide et assistance aux laïques d'Italie le réjouit grandement. Ceci dit, on le verra à l'usage, rien n'exclut de parler d'autres cieux.

 

Pour le reste, l'avenir sera – comme toujours pour l'âne, où le conduiront ses pas.

 

Lucien Lane

Avril 2013

 

Lola.jpg

 

Et pour commencer, un événement historique et festif, le Carnaval libéré. La traduction d'une chanson laïque italienne... relativement contemporaine, elle date de 1998.

 

 

 

 

LE CARNAVAL LIBÉRÉ

 

Version française – LE CARNAVAL LIBÉRÉ – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Il carnevale liberato – Ratti della Sabina 1998 (2004)
(Pour la version italienne et entendre cette chanson : voir Carnaval libéré)

 

 

 

 


La plus importante tradition populaire de Poggio Mirteto est le Carnevalone Liberato ( Carnaval libéré), fête de la libération de l'État Pontifical.
La fête se déroule le premier dimanche de carême et est caractérisée par une forte connotation anticléricale.
L'origine de la fête se trouve dans la révolte populaire du 24 février 1861 qui décréta la libération de Poggio Mirteto de l'État Pontifical. Après la révolte, lorsque la délégation des ouvriers de Poggio Mirteto se rendit chez le marquis Gioacchino Napoleone Pepoli pour demander l'annexion de Poggio Mirteto au futur Royaume d'Italie, le Commissaire Général de l'Ombrie proposa de récompenser la cité en faisant passer par Poggio Mirteto le chemin de fer Rome-Orte. Mais à cette offre, la population préféra par contre qu'on célèbre tous les ans une grande fête en souvenir de la libération de l'État Pontifical, et ainsi fut fait.

Le carnaval anticlérical se tint jusqu'à la signature des Accords du Latran en 1929, lorsque le fascisme décida de le supprimer, dans le cadre plus général de sa politique d'alliance avec le Vatican.[ Accords félons qui sont toujours scrupuleusement appliqués par les gouvernements italiens... et nous sommes en 2013...]
La fête fut rétablie en 1977 en conservant complètement son caractère de fête laïque, avec un abondant déploiement de débonnaire mais de caustique ironie anticléricale.
Au cours des ans, la fête a crû exponentiellement jusqu'à devenir un des rendez-vous de festivités extérieures les plus aimés et les plus fréquentés du centre de l' Italie, avec des foules de milliers et de milliers de participants (rigoureusement en costume !) qui tous les ans dès le petit matin envahissent le centre historique de Poggio Mirteto pour profiter de l'excellente eno-gastronomie locale et assister aux innombrables spectacles d'art de rue et de musique vivants, jusqu'au traditionnel fé (« brûlage ») de la « poupée » qui en fin de soirée décrète la fin des réjouissances.

 

Tout ceci, ressemble aux carnavals de chez nous... Excepté, bien sûr, dit Lucien l'âne, la libération de l'emprise du Vatican... laquelle semble vouloir se resserrer à nouveau sur la gorge de la pauvre Europe. Place au carnaval laïque

 

 


J'ai vu tant de gens aux couleurs du carnaval
Des artistes souriant aux jeux des vins et des paroles
Des masques et des costumes qui comme au soleil les fleurs
S'ouvraient à la lumière en changeant de couleur

Entouré des notes, des fanfares et des gens
J'étais vivant et par ce son, je me laissais entraîner
Dans les creux des visages et dans les yeux vivants
Où il n'y a rien de masqué et où le rêve est encore entier

Guidé par un mirage de feu et de lune
Le ciel me poursuivait avec en main la fortune
Et perdu sous un voile de légère ivresse
Je vivais les mots et riais de la tristesse

Comme un tonnerre proche de moi les tambours
Battaient les danses dans les rues et sur les murs
Roulaient des chansons par les ruelles secrètes
et sur les bouches des soûlauds s'arrêtaient distraites

Mais derrière le pas plus élégant des échasses dorées
Se perdaient les regards d'enfants intriguées
Qui silencieuses ouvraient leur regard
Quand les feux colorés maquillaient le soir

Et le jour qui passait comme une surprise
S'en allait sur un nuage de soie grise
Et l'air qui savait le printemps
Glissait en chantant entre les doigts du temps

Et maintenant que dans l'air, il n'y a plus lumière
Le jeu de ce jour et de la nuit se resserre
Et maintenant que doucement s'éteint le souvenir
Aux notes d'un violon, je m'en vais l'offrir.




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Marco Valdo M.I. - dans Asino
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