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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 20:41

AYALA ET LES RABBINS



Version française des Dernières Nouvelles de l'UAAR – Union des Athées, Agnostiques et Rationalistes. (10 juin 2013) :

Texte italien : http://www.uaar.it/news/2013/06/10/storia-ayala-rabbini-vogliono-togliere-figli/

 

 

 

 

Précepte laïque


États, encore un effort pour devenir (tous) laïques !

 

 

 

Il en va de la religion comme de la politique... Il y a beaucoup de partis, beaucoup de candidats et quand même aussi, beaucoup d'élus.

Il y a aussi beaucoup de religion, mais une seule laïcité – cette dernière étant un état de fait, les religions étant des croyances, c'est-à-dire de pures supputations, des non-faits. Autrement dit, du point de vue de la réalité, les religions sont des non-réalités, des propositions négatives ; souvent, elles nient le réel au profit de fantasmatiques hypothèses.

Mais laissons les religions se débrouiller entre elles... Et si elles voulaient bien s'en tenir à leurs sphères, sans interférer dans le monde des humains, tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais voilà, elles débordent et leur suffisance est infinie.



Cette fois, pour montrer qu'il n'y a pas que l'Église catholique qui professe l'aberration, les autres religions aussi. Ici, la religion hébraïque dans sa version hard : les haredim. Nos amis de l'Uaar relatent un épisode de confrontation entre une femme (!) qui devient laïque et qui tente de quitter avec ses enfants (elle eût été seule, les choses auraient peut-être été plus simples) la communauté ultraorthodoxe des haredim. Voir la suite dans l'article...



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L'appartenance au judaïsme se transmet par la mère. Toutefois, lorsque la mère ne semble pas fort convaincue de la pratique juive, on peut tranquillement confier les enfants au père. C'est ce qui ressort d'un événement, aux aspects dramatiques, dont le quotidien israélien Haaretz rapporte la nouvelle .

Une femme élevée dans une famille ultra-orthodoxe, connue sous le nom d'Ayala, épouse à dix-huit ans à peine un pieux haredi dont l'occupation est l'étude intensive des textes sacrés dans une yeshiva (école religieuse). Elle commence à fournir des enfants et s'adapte au rôle d'isolée chez elle pour s'occuper de ses enfants, coupée des ses anciennes amitiés et relations. La femme cependant est curieuse, elle veut apprendre et se pose des questions, supporte de moins en moins son mari oppressif. Le couple se tourne vers les rabbins, qui lui disent d'être respectueuse vis-à-vis de son mari.

À un certain moment, Ayala conçoit des doutes par rapport à la religion, jusqu'à ne plus se sentir croyante. Le mari évidemment la considère dénaturée, dit que les femmes ne doivent pas se poser des questions de ce type. Mais elle trouve des nouvelles et des réflexions intéressantes sur internet, son passage à l'incroyance est ainsi entretenu. Le choc arrive lorsque le sixième enfant dont elle accouche, une fille, naît morte. Elle se retrouve emprisonnée dans une réalité qui ne lui appartient pas et dont il est très difficile sortir, celle des intégristes ultraorthodoxes. Elle demande à son rabbin de pouvoir employer des contraceptifs, mais cela lui est refusé. Quatre mois après l'accouchement mal tourné, elle est à nouveau enceinte.

Sur le web, elle tombe sur une tribune d'haredim qui ont perdu la foi mais qu'ils ne veulent pas rompre avec la tradition pour ne pas diviser la famille. Du coup, elle s'inscrit en sociologie, mais la décision est mal vue de la communauté, qui offre de la payer pour qu'elle interrompe les études. Sa « seconde vie » et contacts avec les « hérétiques » sont découverts par son mari, qui demande le divorce.

Commence alors l'odyssée légale pour Ayala. Elle se tourne vers un tribunal civil, mais son mari ensuite tente de se rabibocher avec sa femme, ou au moins le fait-il croire. Peu de jours après la clôture de la procédure civile, l'homme en appelle à un tribunal rabbinique en demandant la garde des enfants. En Israël en effet, il est admis, à l'enseigne du communautarisme qui garantit des privilèges aux communautés religieuses intégristes, que les cours rabbiniques délibèrent à propos des enfants et des aliments en cas de séparation. Pour l'avocat de la femme, le mouvement du mari est clairement instrumental, il vise à détourner la procédure de la cour laïque vers la cour religieuse, qui favorise l'homme. Entre temps, Ayala reste à la maison avec son mari, qui l'humilie et tente de lui enlever les enfants. Ensuite il se transfère ailleurs et il lui est provisoirement concédé la garde jointe. Mais le mari insiste, de sorte que la femme est accusée de consommer des drogues et il dit aux les enfants qu'elle fait partie d'une secte et que sa maison est maudite.

Le cas est arrivé à la Cour d'appel, à laquelle la femme a fait recours grâce à l'aide économique d'une association. La cour devra décider de renvoyer les actes à un tribunal civil : un cas qui risque de faire exploser aussi en Israël la contradiction criante entre les espaces concédés à la jurisprudence communautariste et le cadre de la loi civile, présumée laïque et égalitaire. Problème d'ailleurs semblable à celui des tribunaux islamiques en Grande-Bretagne, où précisément, les femmes sont la partie plus faible.

Entre temps a été reconnu aux femmes israéliennes le droit pouvoir réciter la Torah devant le Mur des Lamentations à Jérusalem, avec avec le châle traditionnel (tallit) et rubans de cuir (tefillin), malgré l'opposition des plus orthodoxes, qui a donné lieu à beaucoup à de tensions. Il s'agit d'une autre question qui prête à discussion : pour beaucoup de femmes cela représente un pas en avant « féministe », mais cela peut aussi être interprété comme vouloir métaboliser et reproposer ces logiques intégristes qui tiennent les femmes dans un état de minorité, plutôt que de viser leur libération.



Les confessions religieuses sont au premier rang quand il s'agit de combattre la reconnaissance du droit à l'adoption de la part des homosexuels. Un enfant a besoin d'une mère et d'un père, disent-elles. Sauf ensuite à déroger souvent et volontiers à cette thèse. Le fin ultime de la foi, de toute confession religieuse, est du reste sa reproduction dans le temps. Tout le reste — les vies des femmes, des hommes et des enfants, les principes de la religion-même — ne compte pas. L'État existe quand même pour poser une limite à certaines délirantes manies des grandeurs. Ayala, malheureusement pour elle, s'est heurtée à un État complice (de la religion), comme l'immense majorité des États de cette planète.


La rédaction

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Marco Valdo M.I. - dans Asino
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