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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 14:26

 

 

 

À PROPOS DU BLASPHÈME

LA PENSÉE DU CARDINAL SCOLA, SI CLÉRICALE ET SI INTÉRESSÉE

 



Version française des Dernières Nouvelles de l'UAAR – Union des Athées, Agnostiques et Rationalistes. (10 mai 2013) :

Texte italien :http://www.uaar.it/news/2013/05/10/pensiero-scola-sulla-blasfemia-cosi-clericale-e-interessato/

 

 

Albi toquer

 

ALBI est l'acronyme d'une association appelée :

ACTION LAÏQUE BELGO-ITALIENNE.

On peut la contacter à l'adresse : contact@albi-association.be

 

Comme on le disait précédemment ou à peu près, la religion est un commerce à vocation monopolistique, du moins pour les multinationales du théisme.

Les petites religions de quartier ont moins de prétention et peuvent quant à elles être généralement assez tolérantes, étant par nature dans la position minoritaire et dès lors, empreintes de la plus respectueuse humilité. Mais on sait que c'est purement circonstanciel et dès lors que leur champ d'action s'étend... elles se prennent pour des églises et recourent à un prosélytisme musclé.

Il faut cependant y mettre un bémol ; certaines de ces petites structures sont particulièrement virulentes et sont désignées dans le langage courante sous le nom de sectes. Il importe de noter que les églises et les grandes religions se distinguent des petites religions et des petites sectes par la taille, uniquement. Pour le reste, c'est du pareil au même.

En somme, les effets du totalitarisme religieux sont en tous points comparables à ceux du totalitarisme politique et tout aussi insidieux que ceux de celui de la marchandise (OMC) ou de la finance (FMI).

Reste évidemment que s'agissant d'un prélat catholique, il faut y adjoindre quelques gouttes d'onctuosité vaticane trempée d'huile de burette depuis plus d'un millénaire. En somme, la marque de fabrique.

 

Ainsi Parlait Lucien Lane

 

 

 

 

 

Selon une dépêche de l'Ansa (Agence de presse italienne), le cardinal Angelo Scola a demandé d'éliminer les lois qui punissent le blasphème. L'archevêque de Milan, déjà papable favori lors du dernier conclave, a-t-il vraiment rencontré une des revendications laïques des plus importantes du moment : la demande d'abolition de toute protection pénale du sacré ?

 

Comme toujours, quand on est en présence d'une déclaration d'un influent représentant catholique qui paraît innovatrice, le diable doit y être et dans les détails.

Avant tout, le contexte : la rencontre internationale Constantin à Milan sur « L'édit et son histoire », qui se tient ces jours-ci , organisée par l'Université Catholique du Sacré Coeur, l'Université de Milan et la Bibliothèque Ambrosienne, sur l'édit de 313 (An trois cent-treize après Zéro) décrété par le premier empereur chrétien, qui établissait la liberté religieuse des chrétiens. L'idée répandue par le Vatican est que c'est seulement grâce à Constantin qu'est né le concept de liberté religieuse, car avec lui finirent les persécutions contre les chrétiens ; ce qui est exact, mais raconte seulement une partie de l'histoire. Car déjà avec les descendants de Constantin, et avec encore plus de détermination avec Théodose, commencèrent les massives discriminations à l'égard des non-chrétiens qui durent depuis plus d'un millénaire. Le problème de la liberté religieuse, rappelle Scola, est « une urgence toujours plus globale ». Dans beaucoup de pays orientaux subsiste une « véritable persécution violente sur base religieuse de ceux qui professent une foi différente de l'officielle ». « Mais même en Occident, il ne manque pas de limitations », soutient-il, « parfois importantes, de la liberté religieuse ». Dans ces pays où « domine encore la religion d'État, où on n'a pas encore découvert la valeur d'une « saine laïcité » », continue-t-il, « défendre la liberté religieuse signifiera premièrement encourager le pluralisme religieux et l'ouverture à toutes les expressions religieuses, par exemple en éliminant les législations qui punissent même pénalement le blasphème ». Même en Occident, « il est urgent dépasser la méfiance latente envers le phénomène religieux inhérente à l'ambiguïté de certaines conceptions de la laïcité qui engendrent un climat certes défavorable à une authentique liberté religieuse ».

 

La question de la liberté religieuse, admet Scola, « s'emmêle dans un nœud où s'entrelacent de graves problèmes » particulièrement vifs dans les sociétés occidentales. Comme le rapport entre « vérité objective et conscience individuelle », la « coordination entre des communautés religieuses et pouvoir d'État » (on retrouve la tendance au communautarisme traditionaliste qui revendique des privilèges spéciaux et des dérogations aux lois normalement valables pour tous). Et, du point de vue théologique, « la question de l'interprétation de l’universalité du salut en Christ face à la pluralité des religions ». Mais même le rapport entre « recherche religieuse personnelle et son expression communautaire », la distinction de la part de l'État entre « une religion authentique de ce qui ne l'est pas » et le rapport entre sectes et religions. Et, encore, « le problème aigu de la liberté de conversion » et l'équilibre entre « liberté religieuse et paix sociale ».

En réalité, la préoccupation majeure de Scola est d'abolir le délit de blasphème dans les pays islamiques car il frappe parfois des chrétiens. En Occident, par contre, il demande plus d'espace pour la religion, à l'enseigne d'une « saine laïcité » catholique, qui implique une ingérence ecclésiastique majeure dans les affaires temporelles. Des lois qui criminalisent le blasphème existent toutefois encore en Occident et même en Italie, et elles sont souvent appliquées : pour info, voir nos dossiers vilipendioe bestemmia.(outrage et juron). On assiste donc à une double démarche des hiérarchies catholiques : elles demandent à juste titre l'abolition des lois qui permettent de criminaliser les chrétiens accusés de brûler le Coran et d'insulter Allah — qui frappent même les incroyants ou les apostats — mais elles ne demandent pas la fin des règles qui par exemple criminalisent les musulmans qui jettent le crucifix, comme c'est arrivé à Adel Smith. Loin chez nous de soutenir qu'il soit correct de jeter un crucifix, mais cela ne peut pas être un délit objet d'une protection privilégiée. Encore une fois, les concepts de liberté religieuse et de laïcité sont manipulés ad usum ecclesiae, c'est-à-dire en invoquant la plus grande liberté pour elle (l'Église Catholique, Apostolique et Romaine – Écar) et en concédant une liberté résiduelle pour les autres qui ne sont pas catholiques, limitée aux seuls aspects dont elle (l'Écar) juge qu'ils ne la préjudicient pas. Du reste, le prélat proche de Communion et Libération est connu pour ses tirades antilaïques, comme lorsqu'il a tonné contre l'État « sans Dieu ».

 

Pour ce qui est de changer, il n'y a donc aucun changement, seulement la recherche bimillénaire d'agrandir les espaces occupés par sa copnfession au détriment des autres. Une approche vraiment laïque de la part des hiérarchies ecclésiastiques n'est certainement pas pour demain. À plus forte raison si celui qui devrait en être le porte-drapeau est à des années lumières de la théorie et de la pratique de la laïcité. Celle sans adjectif.

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