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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 23:11

Alors quoi, Lucien, tu n'as rien à dire ? Tu es bien muet pour un âne, dit Mârco Valdo M.I. Est-ce encore cette histoire de nuit noire à quatre heures de l'après-midi qui te chagrine ? Imagine un instant que tu sois un âne égaré du côté du Pôle et laissons de côté, le froid qu'il peut y régner. Ce serait une nuit de quelques mois...



Brrr, j'en ai froid dans le dos d'une pareille nuit, dit Lucien l'âne en tremblant de tous ses membres (sauf un... mais évidemment, celui-là même que la morale et la décence m'interdisent de préciser davantage et sur lequel, il n'a pas de tatouage... On peut parfois le vérifier). Et puis quelle idée d'envoyer un âne parmi les élans, les caribous, les rennes et je ne sais quels autres ongulés. Que veux-tu que je leur raconte ? Et puis, est-ce que toi, mon bon Mârco Valdo M.I, tu m'accompagnerais ? Sinon, qu'irais-je faire là-bas ? Et, dis-moi, pendant ce temps-là, avec qui converserais-tu ? À qui lirais-tu tes histoires ?



Pour ce qui est de raconter des histoires, je te fais confiance, mon cher ami Lucien, tu n'as fait que ça depuis des centaines d'années. Là, je ne crains rien pour toi. Et ici, à qui je raconterais mes histoires...? Mais enfin, comme d'habitude, à toi mon cher ami. Il me suffirait de faire semblant que tu es là, de te raconter près de l'arbre, d'inventer des conversations... et voilà tout, le tour serait joué.



Somme toute, si je te comprends bien, mon ami Mârco Valdo M.I, tu me proposes d'aller évangéliser les Esquimaux avec tes histoires. La belle affaire. Il faudrait quand même me fournir en histoires en quantité suffisante...



Tu as parfaitement raison, dit Mârco Valdo M.I. Mais rassure-toi, c'est un problème connu et résolu depuis longtemps. Sais-tu, mais oui, tu le sais, comment osé-je poser pareille question; enfin, allons-y quand même, sais-tu comment on dit un livre en grec.. et s'il te plaît, n'hésite pas à franciser ta réponse...



On dit, on dit, en francisant, quelque chose comme : bible. Et puis quoi ? En quoi, cette idée de bible pourrait être la solution à mon problème – en plus d'être la solution à tous les autres. Car si j'ai bien compris, pour certains humains, c'est un livre de recettes. Comment faire ceci, comment réagir à cela, ce qu'il faut manger et comment le cuire... C'est bien ça, ce bible, non ?



Oui, oui, Lucien, tu as parfaitement raison, disons, en gros, dit Mârco Valdo M.I. Mais laisse-moi te corriger, on en dit pas le bible, comme cela devrait être, mais la bible. Ne me demande pas pourquoi, c'est ainsi, point. Comme pour tout ce qui concerne le « livre ». Tu remarqueras d'ailleurs qu'il y a des milliards d'autres livres, mais seul – celui-là – et d'autres du même tonneau, ont l'arrogance de se prendre pour les livres. Je pense que la seule raison qu'on pourrait invoquer en ce sens serait le nombre d'exemplaires qu'on a en tiré depuis des siècles... Mais j'ajoute aussi que la plus grande part est distribuée gratuitement. Tu me diras que c'est un bon placement et qu'on récupère bien plus ensuite. C'est vrai à voir la richesse des églises qui sont un des commerces les plus prospères que l'on connaisse. D'accord, je m'appelle Mârco Valdo M.I et ce n'est sans doute pas pour rien.



Comment ça, dit Lucien l'âne, mon ami Mârco Valdo M.I, qu'est-ce que ton nom a à voir avec cette histoire de marketing séculaire ?



Tout simplement ceci, mon bon Lucien, dit Mârco Valdo M.I, que le dénommé Valdo fut parmi ceux qui, il y a déjà bien longtemps, ont violemment et obstinément dénoncé cette pratique biblique. En somme, Valdo n'avait a priori rien contre ce livre-là et même, toujours a priori, il en pensait tellement du bien qu'il le fit traduire pour savoir ce qu'il y avait dedans. En faisant cela, il a déclenché une fameuse bagarre qui se poursuit encore aujourd'hui. Mais enfin, personnellement, je ne partage pas tout à fait tous les points de vue de cet ancêtre, sauf peut-être pour ce qui concerne ce qu'il pensait des richesses, des riches et de la nécessaire solidarité entre les hommes. C'est ça surtout qui lui valu les pires ennuis; à lui et à tous ceux qui l'ont suivi. On les a poursuivis jusqu'au plus profond des montagnes. Un vrai massacre.











D'accord, dit l'âne Lucien en dressant ses oreilles à la verticale, manière à lui de montrer qu'il insiste un peu sur ce qu'il veut dire, c'est très bien tout ça, mais moi, je suis venu pour écouter une histoire, pas pour que tu me dises n'importe quoi.


Allons, allons, Lucien mon ami, dit Mârco Valdo M.I, n'importe quoi, n'importe quoi, tu exagères. Je te parlais quand même d'un de mes ancêtres putatifs et de son comportement proprement héroïque. On finissait sur le bûcher pour ça et même pour moins que ça. D'ailleurs, on a été jusqu'à punir des ânes de pareille façon. Il y en a qui voyaient le diable partout, comme d'autres voient des terroristes et spécialement chez les ânes. Laisse-moi te signaler, mon cher Lucien, dit Mârco Valdo M.I, que l'âne est l'animal méphitique par excellence. Un pas de travers et hop, au bûcher ! On ne rigolait pas dans ces temps-là. On ne rigole d'ailleurs pas trop dans certains coins de la planète encore actuellement. Comme tu l'entends le délire n'a pas cessé de poursuivre certains hommes. Cela dit, je vais te raconter l'histoire.


Enfin, dit Lucien l'âne. J'allais commencer à m'impatienter. Et de quelle histoire s'agit-il ? Ne veux-tu pas, juste pour me faire plaisir, comme ça, en passant, revenir un peu à nos « Achtung Banditen ! », il y a déjà un petit temps que je les attends, ces princes charmants. Comme chantait je ne sais plus qui... depuis le temps, depuis le temps que je l'attends, mon prince charmant...


J'arrive, j'arrive mon aimée... chantait Bobby Lapointe et en duo encore, avec une charmante dame au nom enchanteur d'Anne Sylvestre. Voilà d'où vient ta chanson. Cela dit, tu as bien raison, je vais te raconter la suite des aventures de nos amis romains dans les bois et les montagnes... Comme à l'habitude, je commencerai part te rappeler la fin de la fois précédente.






Il ne se passa rien, nous continuâmes à parler, ils nous firent voir les photographies et les lettres de leurs chers lointains. Un d'eux me montra un rosaire qu'il avait en poche. « Je suis catholique », me dit-il, en cherchant à établir avec moi, Italien et probablement catholique, un courant de sympathie et de confiance.


( Suite au prochain épisode)





La retraite de l'ennemi commença inopinément un matin quand, le front de Cassino s'étant effondré et les Allemands s'étant retranchés sur Valmontone, la pression des Alliés fut telle que les nazis furent contraints à céder en laissant seulement quelques groupes d'arrière-garde aux points stratégiques les plus importants.

Nous vîmes ainsi arriver sur nos montagnes l'infanterie ennemie en déroute. Par groupes épars, armés de fusil, souvent sans bagages, et sans sacs, ils se retiraient précipitamment vers le Nord.

Leur déroute désordonnée avait commencé depuis quelques heures quand un paysan vînt nous appeler car les Allemands saccageaient sa ferme. Nous partîmes à huit, armés de fusils, de pistolets et de grenades. Parmi nous, il y avait trois Russes armés de leurs mitraillettes courtes. Ils avaient taillé le canon et la crosse de nos Berretas pour en faire de gros pistolets automatiques. Nous traversâmes en courant la campagne en direction de la ferme violée par l'ennemi. Quand nous l'atteignîmes, nous nous plaçâmes autour des bâtiments. Nous approchâmes prudemment, en rampant dans le blé haut, et nous nous mîmes en position sur l'aire d'une hauteur qui la surplombait. Les Allemands, en dessous, avaient dressé une table avec les rares choses qu'ils avaient réussi à trouver dans la maison et ils s'apprêtaient à manger. Sûrs de ne devoir subir aucune attaque, ils avaient laissé leurs armes de côté et ils criaient et riaient de la joie de ce repas inespéré.

Nous enfichâmes la baïonnette sur le canon de nos fusils, puis ensemble, en hurlant, nous nous jetâmes sur eux en l'intimant de se rendre. Ils se rendirent immédiatement, terrorisés. L'assaut de civils sales, avec de longues barbes, avec leurs baïonnettes luisant au soleil du midi devait avoir réveillé chez eux le souvenir des anciennes légendes sur les brigands du Sud et avait paralysé leur capacité de réaction. Ils étaient une douzaine et nous les fîmes prisonniers. Parmi eux, il y avait un Autrichien de dix-neuf ans qui se mit à notre disposition et nous demanda même d'être enrôlé comme partisan. Nous ne pouvions pas nous fier à lui immédiatement et au point d'accepter son offre. Dans les jours suivants cependant, nous l'utilisâmes pour les corvées d'eau et de vivres et nous lui confiâmes d'emmener avec lui quelques uns des siens, gardés par quelques uns d'entre nous. Quand, un peu plus tard, nos entrâmes en possession de mulets, nous lui en confiâmes l'entretien. Nous encadrâmes nos prisonniers et nous nous préparâmes à traverser la montagne pour retourner à notre base. Durant la marche, nous nous étions arrêtés sur un chemin muletier au bord d'un torrent pour nous rafraîchir et pour faire l'inventaire des armes que nous avions capturées et le compte et la liste des prisonniers. Les Allemands nous donnèrent leurs papiers et s'installèrent le long des rives du torrent pour se laver ou au moins, faire passer leur peur. Il y avait un peu de mouvement et un d'entre eux tenta d'en profiter pour s'échapper rapidement vers la campagne. Un camarade s'en aperçut et d'une brève rafale de mitraillette le blessa gravement. L'Allemand tomba à terre; les autres restèrent immobiles, muets. Je cherchai à leur expliquer qu'ils devaient se résigner à être nos prisonniers. Que l'alternative était la mort. Qu'il n'y avait pas d'autre choix étant donné le type de guerre auquel ils nous avaient contraints. Tandis que je parlais, ils se taisaient. Leur silence et mon discours furent rompus, soudain, par un coup de pistolet, sec, qui déchira l'air. Nous nous tournâmes d'un bon, mais, tandis que nous nous tournions, tous avaient déjà compris ce qui s'était passé : l'homme qui gisait à terre blessé, était mort.

Je n'oublierai jamais ce coup isolé.

Je n'avais donné aucun ordre; et pendant un moment, je sentis monter en moi la rage pour cette exécution qui cependant était inévitable. Je me rendis compte subitement que nous n'aurions pas pu faire autrement. Il n'était pas possible d'emmener avec nous un blessé, ni de l'aider à survivre, ni d'adoucir ses souffrances. Nous n'avions ni médicaments, ni bandages. Le laisser libre ou le confier à quelqu'un pouvait constituer un grave risque pour notre formation et pour la population civile. Toutes ces considérations étaient encore plus renforcées par le besoin que nous avions de démontrer aux autres prisonniers que leur vie dépendait aussi de leur comportement,car la guerre que nous menions ne nous consentait pas le luxe de faire des prisonniers. Nous dérogions à cette loi seulement en raison des conditions particulières où nous nous trouvions.

Autant se coup de pistolet fut inhumain, autant fut terrible la mort de ce jeune homme sous le soleil de mai, au milieu de la campagne en fleurs, que chacun de nous, témoins, amis ou ennemis, resta sans voix. Aucun de nous n'oubliera cette mort? Et elle entre dans le compte. Dans le compte que nous réclamions alors et que nous réclamons encore aujourd'hui au fascisme qui nous a contraints à une lutte si impitoyable.









Un matin vers 11 heures, un paysan arriva hors d'haleine à note base sur la montagne.

« Les Allemands ! », me dit-il,il n'avait aps encore repris son souffle. « Ils m'ont tout volé ! »

« Où ? »

« En bas, chez moi, dans la plaine. Venez, ils embarquent tout. »

Il était effondré. Il avait sauvé peu de choses de la furie de la guerre et il pensait désormais en avoir fini, maintenant que la guerre se terminait. À douze, nous prîmes nos armes et nous le suivîmes.

À perdre haleine, à travers la montagne, en sautant d'un rocher à l'autre, nous nous jetâmes vers la plaine où l'ennemi passait en déroute. Nous suivîmes en courant des sentiers gelés, dans la poussière, les broussailles, à travers champs. Les gens qui nous connaissaient, nous voyaient passer avec angoisse et affection et ils nous saluaient.

En une demi-heure, nous arrivâmes à la ferme dans la plaine. Elle s'élevait entre les arbres et il y avait plein d'ennemis au dedans et au dehors. Cette fois aussi, nous utilisâmes la tactique de l'encerclement, avec le but de leur intimer de se rendre, de les faire prisonniers et de nous refournir en armes et en munitions. Tandis que nous avancions précautionneusement vers l'édifice, disposés en demi-cercle, Carla heurta un Allemand couché à terre. Elle lui fit signe, en silence, de se rendre en pointant sur lui sa mitraillette. Un autre soldat ennemi s'aperçut de ce qui se passait et ils s'approcha de Carla pour la frapper avec son pistolet. Un partisan, à son tour, vit la scène et prompt, il tira un coup de fusil qui le fit s'écrouler juste sur le dos de note camarade. Ce coup de fusil avait sauvé Carla, mais il avait mis en l'air notre plan. À l'instant et avec détermination, j'ordonnai le combat immédiatement; il fallait attaquer et la bataille s'engagea.

Les ennemis se précipitèrent sur leurs armes, qu'ils avaient placées en faisceaux autour de la ferme, et ils commencèrent à nous tirer dessus. Nous nous jetâmes à terre et depuis la jachère, nous tirâmes sur ceux qui se trouvaient à l'entrée de la ferme. Quand on les vit tomber, nous nous relevâmes à découvert pour ramasser leurs armes et les munitions qui auraient pu nous servir immédiatement, au cas où les nôtres s'épuiseraient et pour armer ensuite d'autres camarades. Il nous sembla que leur feu diminuait; nous leur intimâmes de se rendre.

Évidemment, nous avions sous-estimé les forces de l'ennemi qui entretemps était revenu de sa surprise et s'était disposé pour le combat au milieu des arbres; ils s'approchèrent de nous en s'élargissant en éventail. Nous élargîmes notre demi-cercle en avançant vers eux pour nous jeter dans la lutte au corps à corps et conclure le combat à la baïonnette.

Nous arrivâmes rapidement à une distance rapprochée, leurs rafales semblaient ne pas pouvoir nous atteindre; peut-être, la surprise et la peur rendaient leur tirs imprécis ou peut-être n'avaient-ils pas bien saisi où nous étions et d'où nous tirions.

Clara, à genoux près de moi, déchargeait sa mitraillette sur les ennemis qui s'approchaient. Je pensai qu'il fallait alléger la pression de l'ennemi et empêcher que les Allemands ne trouvent refuge à l'intérieur de la maison; je me jetai alors vers la porte d'entrée.

« Protège-moi », hurlais-je à Carla, « je vais là-bas » et en courant, j'atteins la façade de la ferme, je renverse une grosse table de bois qui se trouvait devant moi, près de laquelle gisaient les corps de deux Allemands et où il y avait des fusils et des sacs. Sans cesser de tirer en rafales contre les ennemis, je cherchai un me faire une protection de la table et des sacs, tandis que Carla protégeait ma manœuvre en tenant sous le feu de son arme le flanc des Allemands, qui reculèrent de quelques mètres.

Les Allemands s'étaient désormais retirés. Nous pûmes nous rassembler et nous constatâmes qu'aucun d'entre nous n'était blessé. Mais rapidement entre les arbres un peu plus loin, on vit un nouveau mouvement de gens en uniforme vert qui avançaient prudemment. Nous vîmes qu'ils étaient nombreux, quarante ou cinquante. Puis, des ordres secs s'élevèrent et des hommes se disposèrent à placer une mitrailleuse. Nous dûmes décrocher.

Pendant une minute, les armes se turent; on entendait, pas loin, le roulement de l'artillerie et le ronflement de moteur des avions.

Je donnai l'ordre de se replier rapidement en emmenant les armes et les munitions des ennemis tombés ou qui avaient été abandonnées par ceux qui avaient fui.

Un long espace découvert séparait la ferme d'un creux, dans lequel nous retrouverions le bois et la sauvegarde. Nous dûmes parcourir ce terrain en zig-zag pour éviter d'être touchés car l'ennemi recommençait à tirer. Ainsi fut fait, mais cete fois leurs coups, précis, nous sifflaient aux oreilles et soulevaient la terre autour de nous quand de temps à autre, nous nous jetions à plat ventre pour reprendre souffle. Je restai en arrière avec Carla pendant que l'ennemi, qui n'avait pas encore mis en action sa mitrailleuse, continuait à tirer et se lançait à notre poursuite. Nous les sentions, dans le champ, à quelques mètres derrière nous. Nous nous jetâmes à terre, alors, nous deux qui étions à l'arrière et nous déchargeâmes contre eux tout notre chargeur. Eux aussi s'arrêtèrent. Carla et moi, nous restâmes rapidement seuls sur ce terrain découvert.

Allons-y, dis-je à Carla, c'est à nous. Carla se leva et fonça en courant vers le vallon. J'avais rechargé mon arme. Je tirai à nouveau. Puis, je cherchai à m'éloigner moi aussi. Mais ma fuite était entravée par des fusils (quatre ou cinq, je ne me rappelle plus) et deux sacs que je tirai derrière moi.

Ainsi, encourant sur ce terrain inégal et avec ce poids sur le dos, mes chaussures de ville me trahirent et une entorse à une cheville me fit tomber.

Je restai allongé, immobile quelques instants. Même les Allemands, pensant peut-être qu'ils m'avaient touché, s'arrêtèrent à quelques dizaines de mètres de moi. Je me relevai et je repris ma course mais la crainte, la pression, le poids, le terrain accidenté et la douleur me firent tomber à nouveau; sur l'autre cheville.

Je pensai un moment à ce que je pourrais faire et j'eus l'impression que pour moi, c'était fini. Étendu sur le sol, je tirais contre toute forme qui je voyais bouger sur le terrain devant moi. Puis j'entendis derrière moi des coups de feu tirés contre l'ennemi. Je me retournai et je vis que Carla était revenue et prenait position au bord du vallon avec sa mitraillette pour me porter secours.

« Pendant qu'elle tire », pensais-je, « peut-être que j'y arriverai », et sans rien abandonner de mon butin, en sautant et en me roulant sur le terrain, je me dirigeai ainsi vers ce vallon qui était mon sauveur.

Les autres camarades entretemps étaient revenus. Le combat reprit violemment et les ennemis s'éloignèrent à nouveau vers les arbres. De là, alors, la mitrailleuse entra en scène.

Nous nous jetâmes dans le vallon et dans le bois. Les Allemands continuèrent à tirer un peu, mais ne nous suivirent pas. Puis, ce fut le silence.



(suite au prochain épisode)

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