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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 23:43

Et bien Mârco Valdo M.I., tu m'as l'air un peu désabusé, on dirait que tu es fatigué ou que c'est encore une fois, un effet du raccourcissement des jours ?, dit Lucien l'âne en se dressant sur la pointe des sabots pour mieux se faire entendre.



Ne t'inquiète donc pas, Lucien mon très cher ami, je ne suis ni malade, ni trop fatigué, simplement j'avais la tête ailleurs. Je méditais, je songeais, je ne sais trop. D'ailleurs, tu m'as tiré comme d'un monde vide où je nageais dans une sorte de brouillard. Mais cela n'est rien, rassure-toi. C'est même plutôt bien d'être ainsi un peu rêvasseur. En fait, c'est tout simplement un moment où le grand brassage des faits, des idées, des événements, des bruits, des sensations, des sentiments s'opère et où en quelque sorte, la pensée s'élabore en toute liberté. Ce sont tout au contraire de très grands moments, très importants et crois-moi, plus c'est flou, plus c'est vague, plus on dirait qu'il ne se passe rien, plus c'est important.



Oh, oh, dit Lucien l'âne pour se différencier de Bosse-de-Nage le singe du docteur, qui ne sait dire que ah, ah. Excuse-moi de t'avoir troublé un pareil moment. Je suis vraiment confus. Si seulement, j'avais su...



C'est bien cela, dit Mârco Valdo M.I.. On ne sait jamais et d'ailleurs, à mon avis, on ne se pose pas la question. Je dois dire à ta décharge que je fais souvent comme toi. Véritablement, on ne peut pas savoir. Et puis, c'est sans doute aussi une bonne chose, sinon on s'abîmerait en soi. Mais une dernière réflexion sur la pensée, sur ce flux flou; à ma connaissance, personne n'est encore arrivé à vraiment saisir ce qui se passe dans ce magma. Je dirais que c'est à la fois, une mise en ordre, une mise en désordre, un bouleversement, une espèce de tentative désespérée de maîtriser le flux flou. Parfois, la lave jaillit à l'état pur et avant de se transformer en définitives scories, elle illumine. C'est le phénomène de création, ce moment poétique par excellence. Et quand je t'ai dit tout à l'heure que j'avais la tête ailleurs, c'était évidemment allégorique, mais il vaudrait mieux dire que l'on a la tête en dedans d'elle-même et la voilà comme un nuage partie à explorer le ciel devant elle. Je ne vais pas analyser ce processus magmatique. D'abord, car je n'en vois pas la façon...



Passons, passons, dit l'âne un peu plus éberlué encore qu'au début du débat. Je vois bien, Mârco Valdo M.I., que je t'ai sorti de tes profondeurs intimes, mais rappelle-toi que tu m'as promis la suite de cette histoire de trahison et je suis très curieux de connaître le sort de notre ami Paolo. Est-ce que cette bande de Koch va finir par l'attraper ? Enfin, dis-le moi...



Tu as raison, mon ami Lucien. Je vais te dire la suite à l'instant. Cependant, quelques commentaires me viennent à l'esprit, notamment en ce qui concerne ce joyeux luron de Guglielmo Blasi. Je ne sais si tu partageras mon point de vue, mais je trouve que c'est une fameuse crapule et que le tuer ne règlerait rien, surtout si on ne peut pas le trouver. Mais en plus, je crois qu'il vaudrait mieux le laisser boire le calice de la honte pendant très longtemps. Quoique, je ne sais pas finalement quelle aurait été réellement ma réaction. Je crois bien que si je l'avais trouvé sur mon chemin, ou si j'avais su où le trouver, je l'aurais soumis à une séance didactique définitive. Si tu vois ce que je veux dire. D'ailleurs, je crois que je t'ai déjà raconté ce qui est arrivé à ce traître qui avait – entre autres - dénoncé mon propre père et auquel on est allé expliquer qu'on n'appréciait pas trop ses manières. Après cette explication musclée et définitive, il n'a jamais plus dénoncé personne. Tu vois, c'est parfois difficile de formuler un avis, on dit une chose et en même temps, on en pense une autre. On se dit, on se contredit.


C'est bien ennuyeux çà, mon ami Mârco Valdo M.I.. Surtout quand on veux savoir ce que tu penses. M'est avis que tu penses trop et que tu donnes trop de liberté à ton troupeau d'idées sauvages. J'espère pour toi qu'elles sont d'une espèce migratrice ; comme ça, au moins, pendant une partie de l'année, elles s'en vont au loin.


Là, mon bon ami Lucien, tu te moques, tu me charries. Mais tu n'as pas tort, il faut parfois revenir sur le terrain. C'est précisément ce que je voulais faire en te parlant de ce que je vais te conter aujourd'hui. Mon deuxième commentaire serait pour dire que - je le tire de ton intérêt pour cette histoire – le genre du feuilleton n'est pas mort. Les journaux l'ont abandonné en croyant que ce qui se passait sur les écrans suffisait et avait condamné ce brave vieux feuilleton... Quelle erreur, tant qu'il y aura des ânes... Souviens-toi Lucien que toi-même tu es né d'un feuilleton, que Don Quichotte, Rossinante, Sancho, son âne, Dulcinée – la célèbre Dulcinée du Toboso (et non du Tabasco, comme je l'ai entendu dire... une dame piquante, je suppose, celle-là) sont nés pareillement, de même que Tristram Shandy (dont la naissance occupe quand même les sept cents pages du roman de Sterne), son oncle Toby et bien d'autres, comme les Mousquetaires, Rocambole, Fantômas, Sandokan, dont je parlais l'autre jour, Ulysse, Ménélas, Agamemnon et tous les héros d'Homère sans doute aussi. Un feuilleton oral, mais un feuilleton avant la lettre. D'ailleurs, je me demande s'il eût été possible de faire autrement. On ne peut garder en soi une histoire si longuement... Encore que certains romanciers ont ainsi fait... Voire, s'ils ne se la racontaient pas à eux-mêmes, pour l'essayer, comme Flaubert dans son gueuloir.





FRONTISPIECE







T  H  E


L   I   F   E


A  N  D


O P I N I O N S


O F


TRISTRAM SHANDY,

G E N T L E M A N.



Tarassei tous Anthropous ou ta Pragmata,
alla ta peri ton Pragmaton, Dogmata.

V O L. I.

THE THIRD EDITION.


L O N D O N :

Printed for R. and J. DODSLEY in Pall-Mall.
M.DCC.LX.





Ce que j'aime dans le feuilleton, mon ami Mârco Valdo M.I., dit l'âne, c'est la petite parenthèse finale : (Suite au prochain épisode). Vraiment, je l'adore. Mais quand même, cela ne doit pas t'empêcher de me dire la suite, précisément.



Alors, allons-y.... Comme d'habitude, je reprends un peu avant la fin du feuilleton précédent. Histoire de te remettre dans le bain. Blasi (cet ignoble individu) avait trahi et s'était ainsi tiré du mauvais pas qu'il avait accompli.







Guglielmo Blasi résolut de cette façon ses comptes avec la police fasciste et sa situation économique. Il participa aux vols de la bande Koch et empocha les primes de ceux d'entre nous qu'il réussit à prendre.

Il a continué sa carrière même après la libération de Rome, en suivant Koch et sa bande à Florence et à Milan. À la fin de la guerre, il fut arrêté et condamné à perpétuité.

Il sortit de prison après 15 ans et il retourna à Rome dans sa maison de la via del Leoncino. Il y a un certain temps, il rencontra un camarade Luigi Moro. Il osa le saluer. Luigi Moro, sous le pseudonyme de Nino, avait été le commandant des GAP de la zone VI et il avait été arrêté par Koch.

Par une étrange faiblesse, Guglielmo Blasi l'avait en sympathie; il l'avait dénoncé, mais il n'avait pas révélé que c'était le commandant d'une des zones des GAP et, bien qu'il n'ait pu obtenir qu'on lui épargne les tortures auxquelles se laissaient aller habituellement ses camarades et lui-même, il chercha à l'aider en lui donnant des nouvelles de sa famille, en lui portant de temps en temps un peu de nourriture.

Guglielmo Blasi rencontra donc Moro après sa sortie de prison et il l'arrêta en rue. Il l'appela même par le pseudonyme que Moro avait porté pendant la Résistance. « Nino », lui dit-il, « comment va ? » et face à l'évidente perplexité et à l'étonnement de Moro, il suggéra : « Tu ne me reconnais pas ? ». « Si, je te reconnais, mais il vaut mieux que tu ne te fasses pas voir par moi. »

« Mais j'ai été brave avec toi », osa affirmer Guglielmo Blasi .

Il était vieux désormais et maladif. Moro n'eut pas le courage de lui répondre comme il le méritait. Il lui dit seulement : « Va-t-en. La prochaine fois que tu me rencontres, dégage. Tu es trop mal en point pour que j'aie envie de te donner la leçon que tu mérites, mais ne te fais plus voir par moi car une autre fois, ça pourrait être différent. »

Un jour, après son arrestation Spartaco qui avait déjà subi des violences et des tortures au cours de nombreux interrogatoires fut emmené dans le bureau de Koch. Devant lui, Koch compta un million et le remit, en se faisant donner le reçu administratif régulier, à celui qui l'avait arrêté. Il s'agissait d'un gros débours; un million de cette époque valait plus de cent millions d'aujourd'hui. Cela fut fait avec la méticulosité régulière des opérations administratives, surtout quand il s'agissait d'aussi grosses sommes : timbres, signatures, reçus.

Koch – haut, maigre, élégant, avec ses cheveux bien peignés – affable souriait vers ses collaborateurs, mais aussi en direction de Spartaco. Il chercha à engager une conversation, puis subitement, il lui dit : « Tu vois, Spartaco, nous payons bien qui nous sert. Voici un million pour toi aussi. Dis-nous où est Paolo. »

Spartaco lui répondit en lui crachant à la figure.


La tentative de faire parler mes camarades se fracassa contre leur courage et leur capacité à surmonter les tortures les plus inhumaines.
Spartaco fut massacré de coups. Je le revis après la Libération; il avait encore le visage tuméfié, les yeux écrasés, réduits à une fente au travers de laquelle palpitait la lumière de ses pupilles, les membres, surtout aux articulations gonflés et douloureux.

Raoul Falcioni et Duilio Grigioni eurent aussi un traitement particulièrement féroce.

Duilio était le vieux portier dans la cantine duquel nous avions trouvé refuge. Nous lui avions confié le secret de la vie de chacun de nous. Il était le seul à connaître, pour nombre d'entre nous, le nom et l'adresse; c'est à lui que nous avions remis les lettres que nous avions préparées pour nos familles, si, dans le cours d'une action, nous étions tombés et que nos mères auraient été contraintes à ne plus nous voir.

Nous étions persuadés que sa situation était plus tranquille que la nôtre et de plus, ,nous pensions que sa généreuse trempe de vieil homme du peuple, d'ancien anarchiste, résisterait à toute torture. Seuls Duilio et Spartaco auraient pu nous trahir et ils furent ceux qui subirent les pires tortures.

Duilio fut étendu à terre, bras et jambes écartelés, liés avec des cordes et tirés de sorte à ce que tout mouvement lui fut impossible. Les fascistes de Koch, du haut d'une table lui sautaient à pieds joints avec leurs bottines à clous sur l'abdomen et sur le thorax. Il eut les côtés fracturées. Ils le frappèrent à coups de pied sur ses fractures.

Quand il s'évanouissait, ils lui jetaient un seau d'eau au visage et ils recommençaient à l'interroger, à lui donner des coups de pied, sans lui laisser de répit, pendant des heures et des heures. « Où est Paolo ? Où est Elena ? Qui est Paolo ? Où se trouve Paolo ? » . Il ne dit pas un mot.

De la via Romagna, nos camarades furent transférés à la via Tasso. Les interrogatoires et les tortures reprirent. Les Allemands voulaient tous les GAP pour organiser un procès retentissant. Ils revoulaient Cola, à côté de Spartaco sur le banc des accusés et ils voulaient aussi Paolo, Elena et Giovanni. Mes camarades ne parlèrent pas. Ils ne dirent rien et les Allemands n'eurent aucun élément qui pu les mettre sur la bonne voie. Vu l'inutilité de toute pression et de toute torture, ils condamnèrent à mort leurs victimes. Spartaco et Raoul devaient être fusillés le 4 juin, à l'aube.

Mais le 4 juin, les Alliés arrivèrent à Rome. Alors, les Allemands chargèrent nos camarades sur un camion pour qu'avec d'autres prisonniers placés sur un autre camion, ils fussent conduits à la Storta et assassinés. Spartaco et les autres, à l'aube du 4 juin, montèrent sur ce véhicule pour ce voyage qui devait être l'ultime. Puis, contre toute attente, le camion qui suivait immédiatement le leur et qui était occupé par une escorte nazie, fut saboté. Alors, les ennemis, qui étaient trop pressés de s'en aller, remirent leurs prisonniers dans les cellules de la via Tasso et prirent, pour repartir, le camion qui était, de ce fait, devenu disponible. Ce banal incident sauva la vie de nos camarades.

La capacité de nos camarades à un si long temps face aux tortures – capacité, du reste égale à celle de centaines de combattants romains comme Labo, Marchesi, Gesmundo, Mattei, Maurizio Giglio – fut incroyable. Je pense qu'il est beaucoup moins dur de mourir que d'affronter une telle épreuve.

Aucun homme, selon moi, n'est en mesure de garantir une résistance absolue à ces méthodes d'interrogatoire. Seul celui qui y est passé et qui a réussi à ne pas céder peut avoir la certitude d'en avoir été capable.

Un an après la Libération, ma sœur a épousé un de mes camarades et collègue, Faustino Durante, dont les Allemands avaient fusillé en mai 1944, deux frères : Marco et Bruno. Les frères Durante, élevés et guidés à la lutte par leur père Antonio, un instituteur antifasciste qui avait toujours maintenu une opposition ferme au régime, dirigeaient une organisation partisane dans la haute vallée du Liri.

Un de leurs hommes pris par les Allemands parla. Faustino et son père réussirent à échapper à la rafle des Allemands; Mario et Bruno, au contraire, avec les autres, furent torturés et tués à Tagliocozzo.

Quelques temps après leur mort, Faustino rencontra le partisan qui avait indiqué aux Allemands leurs noms et leurs positions. Il lui courut après et celui-ci ne s'enfuit pas. Il l'aborda en hurlant, l'attrapa par les bras et il ne se défendit pas. « Tu as raison », lui dit-il, et il pleurait. « Mais d'abord, laisse-moi te raconter. Ils m'ont pris, ils m'ont lié sur une chaise, ils m'ont tenu éveillé - sans manger, sans boire, et, debout derrière moi, ils m'ont frappé sur la tête avec une tablette, pendant deux jours. Puis, j'ai parlé. Je suis une charogne, mais je n'aurais pas pu faire autrement. Tu as le droit de me tuer. »

« Va-t-en! », lui dit seulement Faustino.



La chute des Gap posa un grave problème au Commandement, qui perdait ainsi l'instrument le plus décisif de son action militaire.

Entretemps, Antonello Trombadori, qui avait avec d'autres prisonniers partisans échappé à l'appel pour le massacre des Fosse Ardeatine, puis transféré de la prison de Regina Coeli aux travaux forcés sur le front d'Anzio, avait réussi à s'évader et était revenu à la lutte. Avec Valentino Gerratana, il s'employa immédiatement à la reconstruction des GAP (Groupes d'action patriotiques) qui puissent recueillir et développer notre héritage, en utilisant les camarades qui s'étaient distingués dans les GAS (Groupes d'action étudiants) et dans les Gap de zones. Maurizio Ferrara, Luciano Vella, Alfredo Reichlin, Gastone Mazzoni, Giovannella et Lucy Ribet, Leoni, et d'autes camarades renouèrent les fils de l'organisation centrale des GAP et reprirent l'activité militaire d'avant-garde en ville.

Nous, les rescapés de l'organisation primitive, nous restâmes quelques jours à Rome en attente d'être transférés dans les zones de montagne où opéraient les brigades partisanes.

Par l'entremise de Mario Fiorentini, nous parvint l'ordre catégorique de ne pas sortir de nos refuges jusqu'au jour où serait décidé notre départ pour différentes zones de la guérilla de montagne.

Ce fut un ordre que nous ne respectâmes pas complètement. Nous étions profondément perturbés par cette période de lutte? La faim, les difficultés, la rage contre l'ennemi et contre la trahison, la douleur que nous éprouvions à la pesée de nos camarades qui allaient être fusillés étaient tous des motifs valables pour nous pousser à la désobéissance. Il nous fut impossible de séparer par une cloison notre vie de notre passé récent.

Nous n'étions pas habitués, comme tant d'autres, à rester enfermés chez nous en attente de temps meilleures. Après quelques minutes, les pièces devenaient des prisons et nous sentions l'exigence de sortir dans les rues de notre vielle pour nous sentir encore participer à cette atmosphère, à cette lutte à laquelle nous ne voulions pas renoncer. Nous avions le sentiment de ne pas pouvoir renoncer à deux objectifs surtout : punir Blasi et libérer nos camarades. Nous tournions dans les rues de Rome, affamés et mal vêtus, avec nos pistolets en poche, avec nos mains serrées sur nos pistolets sans sécurité, prêts à faire feu. Nous nos sentions pourchassés, dans une tension qui exaltait la spontanéité de nos sens et des nos réflexes et rendait notre choix plus lucide et plus conscient.




La chasse que nous donnâmes à Guglielmo Blasi resta infructueuse, même si nous battions les quartiers qu'il parcourait pour nous donner la chasse. C'était une idiotie et nous donnions à ce fait une valeur qu'il n'avait certainement pas.

Il se servait des taxis réquisitionnés par les commandements allemands et fascistes et qui avaient été mis à disposition des différentes bandes de police. Chaque taxi que nous voyions de loin ou qui passait à côté de nous à l'improviste, devenait pour nous une probable occasion de combat. Nos muscles tendus, attentifs à l'extrême, nos mains serrées sur la crosse de nos pistolets qui en un éclair auraient tiré, pendant des heures, pendant des jours, nous patrouillâmes dans la ville.

Nous échafaudions les plans les plus incroyables – que le commandement repoussait régulièrement – pour assaillir les lieux où étaient enfermés nos camarades.

Pendant des jours, Mario Fiorentini, Lucia et moi, nous avons passé au crible la via Tasso et les rues limitrophes pour élaborer un plan qui nous aurait permis l'assaut à la prison nazie. Nous nous étions procuré les clés des immeubles qui se trouvaient devant la prison de la via Tasso et dont les terrasses dominaient la prison. Nous avions pensé à lancer de ces terrasses sur la rue et sur l'édifice des grenades, de tailles diverses. Tout de suite après, deux groupes de partisans, postés aux coins des rues, auraient dû s'élancer contre l'ennemi en tentant de pénétrer dans l'édifice et délibérer les détenus qui y étaient enfermés.

Selon notre plan, nous devions emmener avec nous de nombreuses armes à distribuer aux prisonniers auraient pu renforcer de cette façon le groupe nécessairement modeste des assaillants et contribuer au succès de notre action et à leur propre libération. Ce plan qui devait être exécuté avec les Gap du PSI et du Partito d'Azione fut toujours reporté et à la fin, il fut annulé.
À nous, il ne restait plus qu'à attendre d'être transférés en montagne.


(Suite au prochain épisode)




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