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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 23:26

Tiens voilà Lucien, on t'a pas vu de la semaine... Tiens voilà Lucien, je me demande d'où tu reviens....

Allons, Mârco Valdo M.I., arrête de te moquer de moi, dit Lucien l'âne en se balançant sur ses quatre pieds comme un gille qu'aurait trop bu. Tu sais bien qu'on était ensemble et qu'on s'est – excuse-moi des termes – bourré la gueule comme des chameaux. Je dis des chameaux, car le chameau est capable de boire jusqu'à cent litres d'un coup. Presque autant que toi et moi. Alors, mon ami Mârco Valdo M.I., n'essaie pas de mettre sur mon pauvre dos qui en a tant vu toutes nos turpitudes. D'ailleurs, j'ai même dû te ramener sur icelui. Ah, Ah, fait ainsi l'âne singeant Bosse-de-Nage, le singe du docteur.

Oh la la, comme tu y vas, dit Mârco Valdo M.I.. On dirait que tu es fâché. Mais moi, je plaisantais. Entre nous, on s'est bien marré quand même. Avec ça que j'ai quand même eu du mal à m'en remettre. Au point, comme tu le vois, que nous voilà lundi et que je n'ai toujours pas pu te dire les canzones du dimanche que je t'avais promises. Mais ne t'inquiète pas, nous allons le faire pas plus tard que maintenant.

J'espère bien, dit Lucien en frottant son museau, long comme un jour sans pain, au tronc du saule (salix) qui est si vieux qu'il en est rugueux à souhait. J'espère bien que tu vas m'en faire connaître des canzones et plus qu'une, pour ta peine et pour la mienne de t'avoir porté.

C'est vrai, Lucien mon ami, d'avoir un âne comme pote, ça me botte. On rentre sans problème sur ton dos et je ne dois même pas dire où...

Bien sûr, Mârco Valdo M.I.. D'ailleurs, t'aurais bien eu du mal à expliquer où tu devais aller. Tu étais tellement ... disons, fatigué, que tu ne savais plus trop où tu devais aller. Et alors, ces canzones...

Nous y venons, nous y venons, au petit trot de l'âne, si tu veux bien, dit Mârco Valdo M.I.. D'abord, je t'accorde quatre canzones.

Oh, oh, c'est fabuleux, dit l'âne en redressant le col tout content. Mais encore...

Et bien, j'aimerais te faire un petit commentaire préliminaire, mon bon ami Lucien. Tu n'écoutes pas beaucoup la radio et tu ne regardes pas trop la télévision, je pense savoir.

Oui, oui, c'est exact, dit l'âne Lucien en prenant un air intrigué et en ouvrant des yeux d'âne étonné. Mais où veux-tu en venir ?

Je veux te demander si tu entends souvent des chansons disons révolutionnaires ou plus simplement, comme on dit par chez nous engagées, bref des chansons ouvrières, des chansons de gauche... des chansons de lutte... qui dénoncent le système, le régime, les patrons et toutes ces sortes de choses...

À vrai dire, j'ai bien l'idée que c'est jamais ou presque. Personnellement, mais je ne suis qu'un âne, je n'en connais presque pas, pour ne pas dire pas du tout. Du moins, des récentes. Et toi ?

Écoute-moi, Lucien mon ami, bien que je ne sois pas un âne, au moins biologiquement, je n'en connais pas plus que toi. La seule différence peut-être, c'est que moi, j'ai un peu cherché pour en trouver et que je suis revenu bredouille de mes recherches. J'en suis bien triste, mais c'est ainsi. Alors, voilà les canzones d'aujourd'hui sont toutes les quatre – comme d'autres que je t'ai déjà fait entendre venant d'Italie – des canzones de combat. Et pas des choses d'il y a un siècle ou un demi-siècle... Ce sont des canzones récentes et directement branchées sur l'univers contemporain. Je dirais même à certains égards qu'elles sont prophétiques, annonciatrices et en tous cas, révélatrices. Tu y découvres un autre monde que celui que diffuse la téléberlusconienne – le Pays du sourire et des seins nus. En somme, tu commences avec ces canzones à découvrir de la chanson qui pense, de la chanson qui revendique, de la chanson offensive... Et il est grand temps que nous allions à l'offensive... contre le libéralisme.

Fais-les moi entendre... dit l'âne tout enthousiasmé, tout en esquissant une petite ruade de plaisir.

Je te dirai simplement que le groupe qui les chante s'appelle Radici nel cemento (Racines dans le ciment) et qu'il est originaire de la région romaine.




LES PIERRES EN POCHE

Chanson italienne – Le Pietre in Tasca – Radici nel cemento.
Version française – Les Pierres en poche – Marco Valdo M.I. – 2008


On aurait pu croire - vu du côté de la chanson française - que la chanson de combat était éteinte, qu'à tout le moins, la flamme s'était calfeutrée sous la cendre. Mais ce qui est vérité en deçà des Alpes, ne l'est pas nécessairement de l'autre côté de l'arc alpin. De ce point de vue, il est grand temps de traduire la chanson italienne, celle qui vaut qu'on le fasse, s'entend. Et en voici une, pleine de vie, de flamme et de feu... et contemporaine en diable.
J'insère ici la note de bas de page, car elle mérite d'être lue et relue...(1)Le mot italien de Fasci – Faisceaux en français mérite un petit éclaircissement, car il a fait l'objet d'un détournement historique.
Si l'on se reporte au Zingari, un des dictionnaires important de la langue italienne, on trouve à Fascio, la définition suivante :
Fasci dei lavoratori : associations socialistes ou de tendance anarchiste, fondées par les paysans à la fin du 19ième siècle, c'est – à – dire bien avant 1900, pour lutter contre les propriétaires fonciers.
Fasci di combattimento : groupes fascistes fondés en 1919 qui furent la base musclée et crapuleuse du Parti Fasciste National et du régime qui s'ensuivit.
La présente chanson ramène le mot « fasci dei lavoratori » à son origine socialiste, anarchiste et révolutionnaire.

Eux, ils font des promesses qu'ils ne veulent pas tenir
pour assouvir leur faim, leur soif de pouvoir
Ce sont des hommes petits petits
mais ils se croient des géants,
Ce sont des mégalomanes ridicules
par moments aussi inquiétants,
ils sont forts avec les faibles
mais avec les forts, faibles,
prêts à assassiner par calcul
et ils se foutent des morts.
Ils commandent à des meutes de mâtins
qu'ils répandent dans les rues
avec leurs instincts assassins.
Ce sont des hyènes teigneuses
affamées de charognes,
de gros rats
à peine sortis des égouts.
Et alors, boum, boum
La rage éclate déjà !
Je te le dis boum boum
et la flamme monte,
et encore boum boum,
La rage éclate déjà !
Je le répète boum boum
et le feu monte !

Ils sucent le sang de celui qui travaille,
ils font des affaires avec qui exploite,
ils raclent jusqu'au fond
jusqu'à détruire toute ressource,
ils donnent l'aumône à qui obéit,
le bâton à qui proteste,
des ordres précis de t'éclater la tête en deux,
Ils se roulent dans l'or accumulé par leurs escroqueries,
protégés contre toutes les lois
car ce sont des tyrans,
amis de la mafia
et de la criminalité,
Ils sont la lie de l'humanité.
Et alors, boum, boum
La rage éclate déjà !
Je te le dis boum boum
et la flamme monte,
et encore boum boum,
La rage éclate déjà !
Je le répète boum boum
et le feu monte !

Pour nous, il y a la fatigue
Pour nous, aussi la sueur
Pour nous, les os rompus
et les yeux rouges de douleur
Pour nous, il y a les morts tombés au travail
À eux, par contre, le luxe,
les beaux habits,
le blé et l'or,
Pour nous, la misère
Pour nous, l'ignorance
Pour nous, le sang amer,
et le cœur plein d'espérance.
À eux, les fruits de notre travail quotidien
Et pourtant, ils tiennent toujours leurs mains en main.
Et alors, boum, boum
La rage éclate déjà !
Je te le dis boum boum
et la flamme monte,
et encore boum boum,
La rage éclate déjà !
Je le répète boum boum
et le feu monte !

Avec nos pierres en poche
Avec nos pierres et nos bâtons,
Nous ne craignons plus les patrons.
Nous sommes les faisceaux siciliens,
les faisceaux des travailleurs,(1)
Femmes hommes enfants
ouvriers et paysans
Avec les universitaires, les manœuvres et les mineurs
Nos drapeaux rouges au vent,
C'est le moment d'être unis à présent,
Car s'ils veulent nous faire plier,
Cette fois, nous devons les abattre.





ET ÇÀ NE FINIRA PAS


Chanson italienne – E non finirà – Radici nel cemento

Version française – Et çà ne finira pas – Marco Valdo M.I. – 2008



Et ça ne finit pas ici,
ce n'est pas encore fini,
et ça ne finira pas,
non non non, ça ne finira pas.
Ça ne finit pas ici,
ce n'est pas encore fini,
et ça ne finira pas
Pour qui lutte et qui espère
que tôt ou tard arrivera
une ère nouvelle de Justice et Liberté !

Et ça ne finit pas ici,
ce n'est pas encore fini,
et ne finira pas,
non non non, ne finira pas.
Ça ne finit pas ici,
ce n'est pas encore fini,
et ça ne finira pas.

Messieurs du monde, chefs d'État, enfoncez-vous bien ça dans la tête
Ce que vous avez devant vous, c'est une marée
Qui ne s'arrête pas, ne ralentit pas et qui ne s'inclinera pas
Devant la violence de l'autorité,
Devant la matraque de la police,
devant la mort proclamée de l'idéologie,
devant les balles de la répression,
devant les barrières de toutes formes et de toutes dimensions
et il n'y a pas de zone rouge qui puisse stopper
cette grande marée qu'on ne peut arrêter !

Et ça ne finit pas ici,
ce n'est pas encore fini,
et ne finira pas,
non non non, ne finira pas.
Ça ne finit pas ici,
ce n'est pas encore fini,
et ça ne finira pas
Ce n'est pas encore fini,
et ne finira pas.
Jusqu'au moment où finalement dans le monde il y aura
pour chaque être humain dignité et droits !
Ça ne finira pas, ne finira pas, ne finira pas !
Non !





WORKIN' CLASS


Chanson italienne – Workin' Class – Radici nel cemento

Version française – Workin' Class – Marco Valdo M.I. – 2008



Radio, TV et journaux ne parlent que de vous,
Il semble que plus personne désormais ne se lève à six heures...
Et pourtant, je vois des chantiers tout autour de nous
et alors, tu sais ce que je te dis :
ce soir, sera la fête pour vous !
Cha–na–na–na-na–na the workin’ klass!
Cha–na–na–na–na–na the workin’ klass!


J'ai entendu dire que la technologie nous sauvera,
qu'au travail, plus personne ne se cassera l'échine désormais
Je n'y crois pas beaucoup, mais ce sera peut-être vrai...
et alors, tu sais ce que je te dis : ce soir la star ce sera vous !
Cha–na–na–na-na–na the workin’ klass!
Cha–na–na–na–na–na the workin’ klass!

Je ne sais pas bien quand finira cette vieille histoire
Mais des « travaux en cours », il y en a plein la ville...
Et je sais que celui qui lutte et qui sue
tôt ou tard, prendra le dessus
Et alors, tu sais ce que je te dis :
Ce morceau est pour vous!
Cha–na–na–na-na–na the workin’ klass!
Cha–na–na–na–na–na the workin’ klass!





LA LOGIQUE DU PROFIT


Chanson italienne – La logica del profitto – Radici nel cemento

Version française – La logique du profit – Marco Valdo M.I. – 2008


Qu'est-ce qui rend esclaves tous les êtres humains ?

Qu'est-ce qui rend ignoble notre civilisation ?

Qui assèche les cœurs et ensuite, lie les mains,

c'est une avidité aveugle !

C'est la logique du profit

qui affame les populations.

À tuer sans pitié,

jusqu'où ira-t-elle

celle qui sème la destruction ?

Qui souffle sur le feu

de la violence ?

Sa guerre est un jeu

et une exigence,

elle fomente la haine entre les nations,

instrumentalise de vieilles vengeances et des religions

C'est la logique du profit

nourrie d'indifférence,

elle moissonne ses victimes.
Nos protestations ne sont pas légitimes

nous ne pourrions vivre sans

Nous sommes tous pris dans son engrenage

Comme les roues d'un parfait mécanisme.

Elle nous enlève l'âme et le courage

Puis elle nous rembourse avec le vide du consommisme.

C'est la logique du profit,

avec ses paladins

vêtus d'arrogance

qui tuent l'espérance

et font pleurer les enfants

et ne laissent pas en paix qui lui est opposé.

Comme des rapaces, d'impitoyables inquisiteurs.

Tu es un subversif, un révolutionnaire ?

Persécuté, comme un vil traître.

La logique du profit

Pour qui creuse-t-elle le trou ?

Tu la vois son hypocrisie

Quel sera son prochain coup ?

Elle est folle à lier !

Il n'y a pas de paix sur cette terre,

car elle est vorace et insatiable

Il n'y aura jamais de paix sur cette terre,

Ce sera la guerre... à l'infini !

Avec la logique du profit.


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