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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 23:24

Nous voici arrivés au jour des canzones, dit Lucien l'âne mélomane. Mon très cher ami Mârco Valdo M.I., qu'as-tu préparé pour cette séquence un peu particulière ? Vas-tu nous présenter des canzones venues tout droit d'Italie ou des canzones faites sur mesure ? Depuis que tu as découvert ce site de Canzoni contro la guerra, on dirait que tu renoues avec une passion ancienne.


Et bien, mon ami Lucien, je vais commencer par te saluer et ensuite, je réponds à tes questions. J'y réponds dans l'ordre où tu les as posées. Oui, j'ai préparé quelque chose. Te voilà rassuré. Ce sont en effet des canzones sur mesure que j'ai écrites cette semaine et que j'aimerais te faire connaître. Je les avais faites pour le site Canzoni contro la guerra et dès lors, le sujet en est évidemment inspiré. Et en effet, je renoue avec une passion ancienne : celle du texte poétique. J'avais d'ailleurs recommencé avec le canzoniere leviano, il y a déjà quelques temps. D'ailleurs, les premières canzones sur ce blog sont venues de ce canzonier. Je te rappelle quelques titres : La nuit à Rome, L'Heure des rêves, Ciribiribin, la Luna barcullante, Bénarès, Fanny, Salvamort et tout récemment, Danine ! Danine !, qui sont toutes des canzones lévianes et Vénus Samba, Tigre-Euphrate, Siège de Lisbonne qui sont des canzones sans rapport direct avec l'œuvre de Carlo Levi.


Je me les rappelle très bien, dit l'âne aux yeux brillants comme la comète d'Ory, et il m'arrive souvent d' y repenser. J'aime beaucoup Siège de Lisbonne, par exemple. Il me semble que tu en avais fait d'autres dont tu ne m'as pas encore fait connaître ni le titre, ni le texte.


C'est vrai, mais je ne peux tout présenter en même temps, mais sans doute un jour, te les ferais-je connaître aussi. En tout cas, ce ne sera pas aujourd'hui. Car comme je te l'ai dit, je veux te faire connaître des canzones dont le contenu est d'une brûlante actualité et de plus, dont la portée me semble d'une urgente utilité. Bref, ce sont des canzones d'utilité publique, des canzones de salubrité publique. Il y a en effet une certaine urgence à diffuser un antidote à la soi-disant « pensée » libérale, il s'agit de distiller un anti-poison au libéralisme et de le diffuser sous toute forme possible. Ici, en canzone.


Ce sont donc des canzones à résonance politique, dit l'âne en redressant toute sa carcasse d'un bref, mais vigoureux mouvement. Voilà qui est intéressant et j'ajouterai surprenant en ces temps où on déconsidère tout ce qui n'est pas consensuel, tout ce qui est un brin critique, tout ce qui traite de sujets polémiques. La parole, dirait-on, ne peut plus être qu'à usage insipide. Ou alors, comme les films, il est fortement conseillé qu'elle parle d'amour et même, de cul. Bref, qu'elle limite son champ à la libido, qu'elle y enferme l'homme jusqu'à l'obsession. Pourvu qu'il ne pense qu'à ça, tout ira bien... Pendant ce temps-là, il ne pense pas à redresser les injustices du monde, à mettre en cause l'oppression et les oppresseurs, à dénoncer l'abjection capitaliste... Comme disait Maurice Fanon, « pour faire une chanson à la mode, suffit de mettre son cul sur la commode... », mais je suppose que tu connais ce chanteur français.


Oui, bien sûr, mon cher Lucien, dit Mârco Valdo M.I., je connais Maurice Fanon et depuis pas mal de temps. Il mériterait même que je te fasse connaître plus avant ses chansons. Mais encore, une fois, aujourd'hui, j'ai deux canzones à te dire. La première s'intitule De l'autre côté du mur.

 


 

 

C'est là un bien étrange titre, dit Lucien l'âne en dressant sa queue en point d'exclamation. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de mur ? Personnellement, j'ai vu le grand mur de Chine, je l'ai longé longuement; j'ai vu le mur d'Hadrien, j'ai connu les murs de Jéricho, le mur des Lamentations – où comme il se doit, je me suis lamenté, les murs de mon étable - où je me lamente aussi, le mur de l'Atlantique où on m'a tant fait souffrir, j'ai vu le mur des Fusillés... Il y a plein de murs. Duquel parles-tu ?


En fait, ce n'est d'aucun de ces murs que parle la canzone. Elle parle d'un mur qui n'existe plus, célèbre lui aussi et connu sous le nom du mur de Berlin. Il est évident aussi qu'il y a à Berlin une multitude de murs et de toutes les couleurs. Mais celui-là est particulier, car c'était un mur public, un mur bâti tout exprès pour couper la ville en deux. Souviens-toi, à la fin du Reich de Mille ans qui n'a pas tenu beaucoup plus d'une décennie – c'est peu pour un millénaire – Berlin n'avait quasiment plus de murs du tout. Il a fallu les reconstruire, mais les circonstances de l'époque ont fait qu'une partie de la ville était occupée par une coalition dite de l'Est, l'autre partie, par une coalition dite de l'Ouest. Le pays tout entier, l'Allemagne, était lui-même pareillement divisé et l'on eut un certain temps deux Allemagne : une de l'Est – dite Démocratique, l'autre de l'Ouest, dite Fédérale, mais qui se prétendait plus démocratique que la démocratique. On y reviendra. Jusque là, j'espère que tu suis...


Sans problème, dit l'âne en souriant de ses dents plus blanches que le sel de Silésie, car j'ai parcouru aussi les deux Allemagnes, même si maintenant, on n'a plus droit qu'à une seule. Et alors, ta canzone parle de ce mur, mais qu'est-ce qui t'a pris de penser à ça ?


C'est tout simple, il y avait sur le site de Canzoni contro la Guerra une chanson intitulée Over de muur et qui parlait de cette histoire. J'y avais fait un petit commentaire disant que bien sûr, le mur était tombé, mais que d'un côté... Mais tu le verras, il précède la canzone et je me disais que cela méritait une petite canzone. Je l'ai donc faite. Mais je ne vais pas faire plus de commentaires maintenant, je vais plutôt laisser parler la canzone elle-même et bien entendu, son introduction.

 


 


L'Autre Côté du Mur


Le Mur est tombé, c'est sûr ! Mais que d'un seul côté...

Il nous reste à abattre l'autre côté du mur...

Le côté de la misère et de l'exploitation, celui du chômage, celui de la richesse qui se nourrit de la pauvreté... Il nous reste à abattre le libéralisme qui pour assurer ses revenus et sa domination tue et les hommes en tant qu'individus, que peuples et qu'espèce et détruit la planète.


J'en ferais bien une petite chanson... avait dit Marco Valdo M.I. en commentaire à la chanson de Klein Orkest – Over de Muur.

et bien la voici.

Qu'on ne s'y trompe pas, ajoute-t-il, L'Autre Côté du Mur n'a rien d'un « Sunny side of the street ».

Sans doute la chanson pourrait-elle être plus inspirée, sans doute peut-on dire les choses différemment, sans doute... Cela m'est bien égal, pourvu qu'on les dise !




Il y a toujours deux côtés à un mur

dit le maçon

Et des deux côtés, d'un côté comme de l'autre

Il y a la vie


D'abord, on construit le mur

pour protéger, pour séparer,

Et des deux côtés, d'un côté comme de l'autre

Il y a la vie


Chacun chez soi de son côté du mur

Fait ce qu'il veut

Et des deux côtés, d'un côté comme de l'autre

C'est la vie


Sauf au zénith, à midi ou à minuit, le mur

A toujours un côté à l'ombre

Alternativement, d'un côté comme de l'autre

C'est la vie


Après bien des combats, on abat le mur

D'un seul côté,

On exulte, d'un côté comme de l'autre

C'est la vie


On abat en même temps que le mur

Toute une vie collective

On étend la misère d'un côté, comme de l'autre

C'est la vie


La liberté d'exploiter passe derrière le mur

On crée le chômage individualisé

richesse d'un côté, pauvreté de l'autre

C'est la vie


On libère le personnel, de l'autre côté du mur

On liquide l'usine

Enrichissement d'un côté, amincissement de l'autre

C'est la vie


Les Chevaliers à la conquête derrière le mur

Prennent et pillent

Entreprise d'un côté, colonie de l'autre.

C'est la vie.


On avait oublié que comme un mur

A deux côtés

Il faut abattre un côté, puis l'autre.

C'est la vie.


La dictature d'un parti a construit le mur

Les gens de là-bas l'ont fait tomber

Ils ont abattu un côté, on doit abattre l'autre

C'est la vie.


La météo parle du mur

Les temps changent

Un côté est abattu, on va abattre l'autre

C'est l'avenir.


Vouloir faire disparaître ce mur

Tombé dans le passé

d'un seul côté et maintenant, abattre l'autre

C'est la révolution !




Je vois, je vois, dit l'âne Lucien aux pieds d'Hermès, dieu du commerce et de la magouille. Tu aimerais bien que l'on poursuive la démolition jusqu'au bout. Je serais assez de ton avis.


Tu comprends, Lucien mon ami, dit Mârco Valdo M.I., on nous a assez dit qu'il fallait l'abattre ce mur et nous on trouvait ça bien car même les gens de là-bas voulaient abattre le mur... Simplement, les gens de là-bas voulaient abattre tout le mur, les deux côtés et on les a piégés. Maintenant, ils ont sombré dans une misère noire, ils ont été purement et simplement colonisés ces malheureux Ossies qui avaient mené le combat pour améliorer leur destin. Ils sont tombés de Charybde en Scylla, d'un régime bureaucratique dans un régime libéral. En clair, ils sont allés de mal en pis. On les a pillés, on les a mis en coupe réglée, on les vendus et revendus, on les a appauvris, on a enrichi leurs envahisseurs, ils sont devenus des esclaves et leurs régions deviennent des déserts, des sortes de réserves comme on en a faites pour les Indiens en Amérique du Nord. Bref, on les a trompés. Et le Paradis promis, il y a presque vingt ans maintenant, a très nettement les allures d'un enfer. Tout ça, car on n'a pas abattu tout le mur. Le travail n'a pas été terminé... La conclusion logique, c'est qu'il faut le terminer ce travail et qu'il faut abattre l'autre côté de ce mur mythique : le côté libéral. Ce qui, en effet, serait une révolution.


Et l'autre canzone ?, dit l'âne en râpant la terre de son pied au sabot noir comme la misère. De quoi parle-t-elle ? Qu'a-t-elle à voir avec la première ?

 


Photo William Leroy


L'autre canzone, je l'ai déjà , disons, abordée dans ce blog et avec le même titre, mais ce n'était pas encore une canzone. Il s'agit de ce texte – appelons-le ainsi, qui portait comme titre « Les lanternes libérales ». Je l'ai revu et mis en canzone justement après « L'autre côté du mur ». Il s'agissait tout simplement de démasquer l'imposture libérale, telle qu'elle avait été pratiquée lors de la destruction de la moitié du mur. Tu comprends, Lucien, même un âne peut se rendre compte de cette immense tromperie qu'est la propagande libérale qui vante, par exemple, les mérites de la liberté. Mais comme disent les Italiens, la liberté du libéralisme, c'est la liberté du renard dans le poulailler, du loup dans la bergerie, du patron dans l'entreprise... C'est la liberté d'exploiter, la liberté de s'enrichir au détriment des autres, la liberté de faire la guerre aux gens pour leur imposer de force la liberté, la liberté de s'emparer des richesses naturelles à coups de bombes, de canons, de tortures, d'assassinats en masse... La liberté de mépriser les peuples et les gens, la liberté de faire payer les médicaments, la liberté d'affamer des continents entiers, la liberté de répandre la terreur, la liberté d'imposer sa loi par la force...


Effectivement, dit Lucien l'âne, de mes longues pérégrinations, j'ai bien vu qu'il en était ainsi. J'ai vu les paysans sans terre se faire massacrer, j'ai vu les Africains mourir de faim et de misère, j'ai vu ce qui restait des tribus indiennes d'Amérique Nord, j'ai vu, j'ai vu... et je ne peux que te donner raison.


L'autre aspect de l'imposture libérale est la figure – le masque – démocratique à laquelle elle prétend. Démos en grec et  en principe, ce serait le peuple; cratos, le pouvoir. La démocratie serait donc un système où le pouvoir appartiendrait au peuple, où le peuple serait immédiatement souverain. Mais dans la réalité libérale des choses, le peuple n'a rien à dire.



Comment ça, dit l'âne Lucien en dressant ses oreilles de surprise. Le peuple n'a rien à dire, mais c'est qu'il ne dit rien. Et comme tu sais, qui ne dit mot, consent...


Allons, allons, Lucien mon ami, la question n'est pas qu'il ne dise rien, mais bien de savoir pourquoi il ne dit rien, car peut-on imaginer un peuple assez fou, ou assez débile pour accepter le fonctionnement du libéralisme, un système où lui, le peuple est l'ensemble des poules et poulets du poulailler, idem les moutons, idem les travailleurs... Comment expliquer que si un peuple n'est ni fou, ni débile, il accepte cette sujétion ? Mais tout simplement par la contrainte, par la terreur, par la peur, par la menace... Les seules fois où des peuples ont tenté d'appliquer un système réellement démocratique, où donc le pouvoir n'était plus aux mains des puissants, c'est-à-dire des plus riches, on les a purement et simplement assassinés. Souviens-toi du 11/9 et de l'assassinat d'Allende, président élu du Chili. Bertolt Brecht avait raison de faire dire à Arturo Ui : « Et si le peuple n'est pas d'accord, qu'on élise un autre peuple ! » Ce sont là les méthodes extrêmes.


D'accord, dit l'âne en se grattant l'oreille au prix d'une contorsion des plus étranges, mais ça n'arrive pas tous les jours. Comment se fait-il alors que les gens acceptent sans broncher, sans même revendiquer leurs droits les plus élémentaires d'êtres humains et vivants...


Évidemment, dit Mârco Valdo M.I., dans la pratique la plus répandue, la propagande suffit; elle passe par les télévisions, les radios, les films, les journaux, les magazines, les publicités, les écoles, les églises... Elle suinte partout. Le libéralisme, en ce sens, c'est : avale la carotte (ça c'est la propagande, avec comme rengaine : la carotte (libérale) est sucrée, la carotte (libérale) est bonne, la carotte (libérale) est bien cuite, la carotte (libérale) est ce qu'il y a de meilleur pour la santé...), sinon je t'enfonce le bâton (libéral, fasciste, nazi...) jusqu'à ce que mort s'ensuive. Il ne reste plus au pauvre peuple qu'à manger comme un lapin, quand il a à manger.


Mais enfin, il me semble là , Mârco Valdo M.I., que tu exagères, dit Lucien l'âne en sursautant des quatre pieds. Tu lies libéralisme, fascisme, nazisme... C'est excessif, me semble-t-il.


Je comprends ton étonnement, mon ami Lucien, dit Mârco Valdo M.I., mais je m'explique. C'est un peu comme avec les vins : il en est des doux, des demi-secs, des secs et des bruts. Tant qu'il n'y a pas de contestation, le libéralisme est du genre « doux » - c'est sourires et compagnie. Un peu de contestation, un peu d'air réformateur, vaguement critique, et le voici devenu « demi-sec » - il fronce les sourcils (on fiche, on encadre, on dénonce, on réprime discrètement, ma non troppo); la contestation se renforce, un peu de vent révolutionnaire et on passe au « sec » - là il tape du oping sur la table et menace d'un régime d'exception (on poursuit, on réprime, on chasse le communiste, on dénonce, on enferme, on emprisonne...); la contestation s'affirme nettement et passe à des méthodes actives de défense contre la répression et on en arrive au libéralisme « brut » - c'est carrément la dictature, on n'est même pas trop regardant quant au profil du dictateur  (on poursuit, on réprime, on chasse tout opposant, on dénonce, on enferme, on emprisonne, on exile, on torture, on assassine...), c'est-à-dire au fascisme. Cela s'explique aisément : on sait par exemple que le régime fasciste italien était financé (et téléguidé) par les riches agrariens et les industriels de la péninsule, on sait que le régime de Pinochet au Chili est directement issu de la volonté riches Chiliens et des sociétés multinationales – principalement étazuniennes – d'empêcher par tous les moyens un régime populaire de s'installer en Amérique latine ( comme partout ailleurs aussi, d'ailleurs)... Les riches d'ici, les riches de là, les sociétés nationales, multinationales, internationales, transnationales...c'est précisément le cœur et le corps du libéralisme.



Photo William Leroy


Je vois, je vois, dit l'âne. Mais la canzone...


La voici, précédée de son commentaire, dit Mârco Valdo M.I.


Les lanternes libérales

Le libéral croit, veut croire et surtout, veut faire croire que le régime libéral est démocratique. Dans la réalité quotidienne et historique, il ne l'est assurément pas. Un régime démocratique, c'est-à-dire populaire, ne pourrait tolérer longtemps de telles inégalités, un tel déséquilibre dans la répartition des subsistances, une telle exploitation, une telle arrogance des riches face aux pauvres, une telle immoralité sociale. Mais il est en train de s'autodétruire en détruisant la société, en détruisant la planète.

L'humoriste – juif, il s'appelait André Isaac et résistant, il s'appelait Pierre Dac racontait l'histoire du monsieur qui prend sa vessie pour une lanterne et qui, bien évidemment, quand il l'allume, se brûle. Une plaisanterie fondée sur l'expression française : « prendre une vessie pour une lanterne » qui veut dire : se tromper, se mettre le doigt dans l'œil, se gourer...

En y adjoignant le possessif, Pierre Dac ouvre une porte à la franche hilarité et en remplaçant la vessie de porc (qui a la forme d'une lanterne) par celle du monsieur, conduit immédiatement le pauvre homme à la douleur.

D'où le titre de la chanson : les vessies libérales. Ce qu'elle signifie, c'est tout simplement l'imposture démocratique du libéralisme.

Le parolier qui l'a faite ne sait trop quelle musique mettre sur ce texte, ni comment le chanter... Mais il peut très bien le dire.



Ne rien perdre, ne rien donner.

Plus d’ouvriers, ni d’employés.

Rationalisations, licenciements,

Profit, enrichissement.

Ultime but du libéralisme,

Sommet du capitalisme.


Lanternes libérales, vessies démocratiques;

Films capitalistes, décors démocratiques.


Capitalisme, libéralisme, « stessa cosa »

Même rengaine, même tabac.

profit et croissance

nuisance immenses

Profit à tout prix

Contre l'espèce, y compris.


Lanternes libérales, vessies démocratiques;

Films capitalistes, décors démocratiques.


Éliminer les ouvriers

Éliminer les employés.

Manœuvres, cadres gestionnaires,

Gens de service, femmes de ménage

Demain, tous intérimaires

Retour au Moyen-Age.


Lanternes libérales, vessies démocratiques;

Films capitalistes, décors démocratiques.


Travailleurs organisés et insoumis

Disparaissez ! Impératif libéral.

Tous pareils, tous gris,

Masse grise : rêve libéral

Mêmes destins, mêmes désirs

Société de la réussite, grand empire.


Lanternes libérales, vessies démocratiques;

Films capitalistes, décors démocratiques.


Réussissez et consommez !

Gagnez et profitez !

Travaillez et crevez !

Soyez performants, intériorisez

la carotte ; sinon,

nous sortirons le bâton.


Lanternes libérales, vessies démocratiques;

Films capitalistes, décors démocratiques.



Monsieur prend sa vessie libérale

pour une lanterne démocratique.

Et alors ? Et alors ?

Et alors, et alors ?

Il se brûle !!! 

 

 

 

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