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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 17:10
Que diable allait-il faire dans cette galère ? Au fait, d'où cette expression peut-elle bien venir ?, dit l'âne Lucien. Ah, ah !, continue-t-il en singeant Bosse-de -Nage, lequel ne dit jamais rien d'autre et fut occis par le docteur, las de ses propos répétitifs. Je pense bien que tu ne pourras jamais me le dire, mon cher Mârco Valdo M.I..

 

Quoi, quoi, dit Mârco Valdo M.I.. Tu me prends pour un âne, ceci dit, sans vouloir t'offenser, car je n'ai jamais considéré, sachant que tu es Lucien que tu étais un âne à part entière. Enfin, je tiens quand même à préciser que je ne mets nullement en doute ton intégrité physique, à laquelle je sais que tu es fort attaché. Je le comprends d'ailleurs très bien et moi-même, je n'aimerais pas trop qu'on me sépare de cette partie de ma personne qui, que... enfin, tu vois de quoi je parle et de toute façon, c'est assez vrai pour tout le reste, sauf peut-être les ongles et les cheveux. Reste que s'il fallait choisir de perdre une partie ou des parties de soi, que choisirais-tu ?

 

En voilà une question, dit Lucien l'âne aux pieds d'Hermès Trismégiste, que crois-tu que je puisse y répondre ? C'est délicat.

Je te comprends, dit Mârco Valdo M.I.. Par exemple, moi, tu vois bien que j'ai ajouté à mon nom un petit appendice.... Il signifie M.I., manovale intellettuale, manœuvre intellectuel. Je l'avais pris, adjoint an quelque sorte à ma personne et ne pas me sentier démuni, en somme tout nu, en côtoyant des gens qui se baladent avec des appendices similaires Dr, Ph.Dr., Me., M.A, etc... Il y en a des tas et l'espèce s'accroît de jour en jour, de sorte qu'on doit se demander que serait ou que deviendrait un homme sans son petit appendice. C'est d'ailleurs la question que j'ai posée à un éminent directeur, qui en fut tout interloqué. Mais enfin, mon cher Lucien, toi qui fut ainsi initié aux grands mystères par tes pieds, tu devrait quand même pouvoir répondre à ma question. Si tu veux que je la pose différemment, je te demande, quelle partie de ta personne souhaiterais-tu le plus conserver ou le moins perdre ? Le pied, l'oreille, la langue ou quoi d'autre... que sais-je ?

 

Comme je t'ai déjà dit, dit Lucien l'âne en relevant sa queue pour émettre un son des plus retentissants, la chose est délicate. Car, je vois bien à quoi tu alluses ainsi, mais sans entrer dans des détails inutiles à développer ici et maintenant, je te ferai remarquer que perdre l'une ou l'autre partie de son intégrité est en soi une chose désolante. Et de l'œil ou de l'oreille, que vaut-il mieux conserver ? Et pourrai-je jouir pareillement de mes sens, si tu m'en enlèves des parties ?

 

Restons-en là, mon bon ami Lucien, dit Mârco Valdo M.I., je te vois tout tremblant, rien qu'à l'idée d'une semblable mutilation. Pour en revenir à ta question à propos de la galère, je pense bien que c'est Molière qui est l'origine de cette soudaine et ancienne notoriété. Et si mes souvenirs sont bons, ce serait dans cette farce énorme que sont les Fourberies de Scapin qu'il fit la gloire de cette expression.

 

D'accord, d'accord, mon cher Mârco Valdo M.I., mais pourquoi disais-tu cela quand j'étais encore sur le chemin à quelques pas de toi. Qu'est-ce que Molière, Scapin, Géronte ou la galère venaient faire dans notre histoire ? Et spécialement ce dimanche où tu me dois des chansons... Je dis que tu me les dois, car tu me les as promises ainsi qu'à tous nos amis des villes et des campagnes... J'en profite d'ailleurs pour les saluer : Chers amis des campagnes et des villes, bonjour... Tu sais, nous les ânes, on va partout, alors, c'est naturel, nous avons des amis des campagnes et aussi des villes.

 

Moi, dit Mârco Valdo M.I., j'ai plutôt des camarades et parfois, mais c'est rare, des compagnons...

Oh, oh, dit l'âne, en ouvrant un œil brillant comme la lune dans un ciel d'été débarrassé de tout nuage, et des compagnes ????

 

Cela, mon cher Lucien, est une question bien indiscrète... Pas pour moi, je peux te dire qu'il est normal que j'aie connu des compagnes, mais tout l'embarras est dans le sens et l'œil égrillards que tu révélais là à l'instant. Je te répondrai donc que bien évidemment, j'ai connu des compagnes, mais que pour le reste et bien, on en restera là... d'ailleurs, j'en reviens à Scapin, et aux chansons du dimanche que je t'ai promises. Je t'en propose deux : la première raconte l'histoire d'un avion qui plonge dans la mer avec son pilote quelque part dans le canal de Sicile; c'était un pilote étazunien, un jeune homme qui aurait sans doute eu mieux à faire de sa vie, mais en somme, un émigré de luxe, avec papiers, uniforme et avion et j'évoque à ce sujet, tous les autres émigrés, les sans-rien : les sans-papiers, les sans-défense, les sans-avenir... Les sans-chance, qui sombrent eux-aussi avec la barque du passeur dans ce fameux Canal de Sicile ou qui, s'ils en réchappent sombrent dans un autre Chaos : purgatoire clandestin, parfois bien pire, ou retour forcé à l'enfer qu'est cette Afrique qu'on assassine, d'où ils avaient cru pouvoir s'échapper.

 

La deuxième est une chanson d'amour, la chanson de l'amour naissant au milieu du Chaos; une chanson très symbolique puisque, selon les mystères, notamment la sagesse d'Hermès, le monde naquit du Chaos... La chanson indique comment l'amour au milieu du Chaos arrive parfois à recréer un monde. Elle est dédiée à tous ceux qui en réchappent.... du Chaos.

J'aime beaucoup l'avant dernier vers : “Le temps est arrivé”, m'a-t-elle dit doucement

 

Désastre aérien du Canal de Sicile

Chanson italienne - Disastro aereo sul canale di Sicilia – Francesco De Gregori – 1976

Version française - Désastre aérien du Canal de Sicile – Marco Valdo M.I. - 2008

 



Pour faire court, il semblerait bien que cette chanson se réfère à la disparition en mer d'un “faiseur de veuves”, c'est-à-dire un F. 104 étazunien entre la Sicile et la côte africaine. F 104 – 6738 – 53ième escadrille, 21ième groupe – en mer au large de Trapani le 18 septembre 1973.

On peut regretter pour ce jeune homme cette fin maritime; mais que diable allait-il faire dans cette galère ?, comme Molière faisait dire à Géronte et les sublimes réponses de Scapin, que voici :

GERONTE

Que diable allait-il faire dans cette galère ?

SCAPIN

Il ne songeait pas à ce qui est arrivé.

Et cette autre :

GERONTE

Que diable allait-il faire dans cette galère ?

SCAPIN

Une méchante destinée conduit quelquefois les personnes.



Moralité : on devrait enseigner les Fourberies de Scapin aux jeunes gens...



Par ailleurs, on ne saurait évoquer ici les désastres du Canal de Sicile sans dire qu'il est aussi et surtout, dix mille mètres au-dessous, dix mille mètres au-dessous, le couloir de la mort pour des milliers d'Africains en route vers la fausse Terre Promise. Promise, en effet, par les passeurs, les marchands de bonheur, trafiquants et esclavagistes de nos temps difficiles...

Mais Saint Pierre garde les clefs et ne laisse entrer au Paradis que celui qui est en règle avec le Ciel... Comme quoi, il est bon d'apprendre l'histoire des religions...




Il semble par ailleurs évident

même dans le climat de la détente

qu'une éventuelle attaque contre les Pays arabes

verrait l'Italie à l'avant-poste.



Et tous savent tout du début

Mais personne ne peut parler de la fin

Telle est l'histoire d'un avion perdu

Au large des côtes tunisiennes


Le faiseur de veuves volait

à dix mille mètres d'altitude au-dessus de la terre sicilienne,

Le pilote contrôlait l'horizon

La visibilité était bonne.


Le pilote était un jeune homme américain

Mais il faisait son service à Vérone

Et dix kilomètres au-dessous,

Genêts et béton à deux pas de la mer.


Et des maisons populaires construites à même le sable,

rien d'autre à signaler.

Seule la tombe d'un journaliste,

encore difficile à retrouver...


Et le faiseur de veuves volait,

seul, comme un oiseau de proie

La mer, une table azur désormais

L'Afrique était déjà toute proche


Dans le ciel, une bande blanche de neige, blanche,

blanche papier vélin...

 




 


 


L'amour aux temps du chaos

Chanson italienne - L'amore ai tempi del caos – Modena City Ramblers – 1997

Version française - L'amour aux temps du chaos – Marco Valdo M.I. – 2008


La radio appelle, le marchand crie

Le journaliste court après des mensonges

En silence, mon amour sourit,

Elle connaît le vrai, elle connaît les songes.

Au milieu des guerres saintes pour de nobles engagements,

des gens vont à la chasse aux places sûres.

Mon amour me parle gentiment,

Elle ne craint pas les rêves, elle ne craint pas le futur.


Le jour se presse, se dépêchent les années

Les montres poursuivent leurs aiguilles.

Mon amour chemine tranquille,

Aucun temps ne peut la piéger.

 



 

 

Le jour se presse, se dépêchent les années

Les montres poursuivent leurs aiguilles.

Mon amour chemine tranquille,

Aucun temps ne peut la piéger.

 


C'était un jour d'hiver

Et dans la rue, j'ai rencontré mon amour

Tandis que les gens couraient tout autour

Criaient des certitudes, vendaient des faits divers

Dehors, il pleuvait épouvantablement

Elle m'a pris par la main et m'a recueilli

“Le temps est arrivé”, m'a-t-elle dit doucement

Elle m'a séché et m'a offert un abri.


 

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