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5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 14:42
Qui se souvient de Gênes ? Qui se souvient de Carlo Giuliani, assassiné par la police ? 2001, l'Odyssée de l'Espace de Schengen ? Tu me diras, mon bon Lucien, que depuis il y a eu beaucoup d'autres morts, beaucoup d'autres répressions policières ou militaires en Europe et ailleurs dans le monde. C'est ça, la globalisation libérale. Et tu aurais parfaitement raison...

 

Mais évidemment que je te le dis et évidemment que j'ai raison, répond l'âne en sautillant. J'ai un caillou dans mon sabot; c'est pour ça que je saute comme dans un rodéo. Et je vais même te dire que ce n'est pas prêt de finir. Bien au contraire.

 

Comment ça, tu crois que ça va continuer comme ça ?

 

Non, non, dit Lucien un peu ironique. Non certainement pas. Je pense tout le contraire.

 

Ah ! Tu me rassures... dit Marco Valdo M.I.

 

Te voilà bien vite rassuré... , dit Lucien en regardant un peu en biais. Que crois-tu que je pense et qui te rassure ainsi ?

 

Ben, tu m'as dit que ça n'allait pas continuer comme ça... Alors..., dit Marco Valdo M.I.

 

Alors, dit l'âne en dressant ses oreilles comme des points d'exclamation (ce sont des oreilles d'exclamation), je t'ai dit que je pensais tout le contraire. Bien évidemment que ça ne va pas continuer comme ça ; ça va empirer. Voilà ce que je pense. Depuis des années, ils mettent en place des lois « antiterroristes », ils inventent des « terroristes » (souviens-toi du terroriste-électricien de Londres, tu sais ce jeune Brésilien qui était venu travailler en Angleterre et qu'ils ont tué sans qu'il puisse dire un mot...), ils mettent plein de gens en prison... Aux dernières nouvelles, ils vont aller jusqu'à s'en prendre aux enfants turbulents (selon eux, de futurs « terroristes ») et vont leur infliger des traitements chimiques et leur tenir la bride courte...

 

Là pour le coup, moi qui n'avais pas peur des « terroristes », je commence à vraiment m'inquiéter. On est en présence d'un phénomène de folie collective. Ils voient des terroristes partout. Même quand il n'y a personne qui envisage de passer à l'action contre les populations sans défense, car à la vérité, un terroriste est quelqu'un qui pour infliger la terreur va jusqu'à attaquer des gens sans défense et qui ne sont même pas parties à la cause.

 

Tu as parfaitement raison, dit l'âne. Un « terroriste », ce devrait être ça; celui qui organise la terreur, celui qui utilise la terreur comme arme, celui qui utilise la force pour imposer sa loi. Pas quelqu'un qui est engagé dans un combat contre un ennemi structuré, armé, organisé et qui impose sa loi par la force.

 

Dis, Lucien mon bon âne, connais-tu ce proverbe populaire de chez nous : « qui se sent rogneux, qui se gratte » ou l'autre, plus usité dans les jeux de l'enfance : « C'est celui qui dit qui est ». C'est exactement çà, c'est celui qui dit (des autres) qu'ils sont des terroristes, qui l'est.

 

Moi, dit Lucien en se frottant le derrière au mur, je ne me sens pas rogneux et je ne dis rien. C'est seulement à cause de ces foutus taons...

 

Bon, ça va, Lucien, tu as le droit de te frotter le derrière au mur sans que je pense que tu es un terroriste. Mais revenons à cette affaire de Gênes et à la chanson. Je t'explique un peu et pour le reste, tu trouveras plein d'informations (même des vidéos) à ce sujet sur internet (par exemple, tu vas sur un moteur de recherche : Google ou un autre; tu introduis les mots « Gênes, 2001, répression »). Donc, je résume : Le G8 (c'est la réunion des chefs d'État ou assimilés de huit parmi les pays les plus riches du monde) se réunit cette année-là à Gênes. Ils ont tellement peur des gens, qu'ils transforment la ville en camp retranché et concentrent une armée ou deux de policiers. Évidemment, dans ces conditions, la situation ne peut que dégénérer : interdiction des manifestations, arrestations « préventives », charges, ratissages, matraquages, humiliations diverses, tabassages, tirs... Ils poursuivent les gens jusque dans les maisons, ils cassent tout à l'intérieur... Tout y passe et pire encore. Ils s'en prennent aux jeunes femmes (si tu vois ce que je ne veux pas dire, par respect et pudeur pour ces jeunes femmes) qu'ils ont arrêtées au nom de leur loi... Il y a donc bien eu des terroristes dans les rues de Gênes et ils étaient en uniformes. Bien sûr, ils diront qu'ils ont la loi pour eux, des lois faites sur mesure, faites spécialement pour pouvoir réprimer toute contestation... Voilà ce que rappelle cette chanson.

 

Et, dit Lucien, soudain, j'ai trop chaud et que j'aimerais tant tremper mes sabots dans une rivière.... et même me rouler dedans. Pour me décrasser de toutes ces horreurs... J'ai honte, j'ai honte pour les humains...




La Loi Juste


La Loi juste est le titre de la chanson des Modena City Ramblers à propos des faits de Gênes ( pour rappel : le massacre systématique par la police italienne des manifestants contre le G8); elle est tirée de l'album “Radio Rebelde”. Ce n'est pas seulement une chanson sur les faits de Gênes; mais une chanson d'aujourd'hui. Lisez-la, écoutez-la, et confrontez-la avec les discours que nous entendons tous autour de nous, chaque jour.

Marco Valdo M.I. ajoute : cette chanson montre un des aspects de la guerre civile que mène le libéralisme contre les populations.

Le libéralisme doux est souriant tant qu'on ne le contrarie pas, tant qu'on l'approuve. En cas de désaccord, froncement de sourcil, voilà le libéralisme sec. La moindre opposition et voici le libéralisme dur, le libéralisme brut et ses faciès de primates furieux. (D'accord, c'est pas gentil pour les primates...).

Et ce bon libéralisme sort ses invectives, ses insultes, ses menaces, ses armes... Quand il commence à paniquer, il voit des terroristes partout.

Le libéralisme couvre ses brutalités de la blancheur virginale de la Loi (la sienne évidemment), qu'il lave plus blanc dans la machine démocratique. Et les collaborateurs comme toujours collaborent. C'est dans leur rôle.

A propos, le titre de la chanson est « La loi juste »; mais évidemment, par définition, quand elle est votée (quand elle est passée dans la machine à laver démocratique), la loi est toujours juste (c'est le point de vue du pouvoir depuis la nuit des temps... Ils ont toujours voulu faire croire que la loi était juste, puisqu'elle est la loi. Belle tautologie !). Sauf évidemment quand elle ne leur convient pas; alors, ils font un 11/9, ils tuent Allende, le président légal du Chili; c'était en 1972.

En Europe, on en est encore à un libéralisme doux avec un brin de sec, un soupçon de brut (les prisons de haute sécurité...)... Pour combien de temps encore ?

Ce n'est pas comme ça en Amérique latine. Le cocktail libéral est plus fort, plus brut; le libéralisme y pratique l'assassinat à haute dose – en Colombie, par exemple, où les gens d'Urribe - les fameux libérateurs massacrent à qui mieux mieux les syndicalistes, les indiens, les paysans; ou au Mexique... ou, ou.

Alors, cette chanson dit ce que le libéralisme dit à ses opposants. Si tu ne manges pas la carotte, je t'enfonce le bâton...

Une seule conclusion dans cette guerre civile planétaire : Ora e sempre : Resistenza !



Petit bâtard infâme

Regarde ce que tu as fait

avec tous tes drapeaux

Et tes cortèges

Et ton Che Guevara

Et tes chansons de rébellion

Tu crois vraiment qu'il y a encore

Quelqu'un pour écouter ta voix ?



Les autos crachent des langues de feu

Les rues pleurent des larmes noires

Pour les pages des journaux

Les titres sont déjà prêts


Tu peux te cacher dans les cours

Ou fuir dans les escaliers

Nous arriverons quand même

Et alors, nous ferons la fête

Avec tes photos et des films

Avec tes slogans et tes poings levés

Tu crois vraiment qu'il y a encore quelqu'un

Qui veux t'écouter ?



Les autos crachent des langues de feu

Les rues pleurent des larmes noires

Pour les pages des journaux

Les titres sont déjà prêts

Gênes brûle – C'est ton pavé !

Quelqu'un meurt – justement maintenant !

L'Italie tombe - C'est ton pavé !

Un coup éclate – Ce n'est pas un délit !

Le dollar chute – C'est un attentat !

La bourse croule – C'est ton pavé !

Milan tremble : les tutes blanches !

Et le Parlement : C'est ton pavé !

Vote la loi juste.


Un jour sur le pont de Messine

Nous passerons avec nos jeeps

Et tu te rappelleras qu'on ne rigole pas

avec celui qui décide et qui commande.

Avec tes amis marocains

Et ces pédés d'intellectuels

Vous feriez mieux d'être muets

Si vous tenez à votre tête.



Les autos crachent des langues de feu

Les rues pleurent des larmes noires

Pour les pages des journaux

Les titres sont déjà prêts

Gênes brûle – C'est ton pavé !

Quelqu'un meurt – justement maintenant !

L'Italie tombe - C'est ton pavé !

Un coup éclate – Ce n'est pas un délit !

Le dollar chute – C'est un attentat !

La bourse croule – C'est ton pavé !

Milan tremble : les tutes blanches !

Et le Parlement : C'est ton pavé !

Vote la loi juste.

Chanson italienne  - La legge justa - Modena City Ramblers - 2002
Version française - La loi juste - Marco Valdo M.I. - 2008
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